Dans une société qui file à toute vitesse, tout le monde est en proie au stress. Les femmes plus que les hommes? Peut-être...
Pas une journée ne passe sans qu'une nouvelle étude sur le stress paraisse: mesure de ses effets sur les caries dentaires, création de nouvelles catégories de «syndromes »... comme celui du stress informatique, et non sans raison, puisque les deux tiers des utilisateurs d'ordinateurs en seraient victimes!
Plus sérieusement, le stress qui devient chronique et se transforme en dépression (taux anormalement élevé d'hormones de stress dans l'organisme) sera la principale source d'invalidité dans le monde en 2020, selon l'Organisation mondiale de la santé. Cet organisme prévoit aussi que l'épuisement professionnel (taux anormalement bas d'hormones de stress) sera la cause principale d'absentéisme. En outre, la cohorte de déprimés et d'épuisés s'annonce de plus en plus jeune et comptera un nombre toujours croissant de femmes, puisque la dépression, c'est connu, frappe deux fois plus de femmes que d'hommes partout sur la planète.
En d'autres mots, tout le monde est plus ou moins au bord de la crise dans nos sociétés modernes, mais les personnes de sexe féminin le seraient d'avantage. Pourquoi? Les chercheurs tâtonnent. Jusqu'à maintenant, aucune étude scientifique sérieuse n'a conclu à une vulnérabilité biologique, voire psychologique, toute féminine. Certains spécialistes s'interrogent toutefois sur l'éducation des filles, qui encouragerait la docilité plutôt que l'agressivité parfois indispensable pour se protéger d'une agression ou pour défendre son point de vue. D'autres n'hésitent pas à évoquer des facteurs maritaux et psychosociaux qui mineraient le moral des troupes féminines. Des médecins affirment que les femmes sont la proie de leurs hormones; et des psychologues pensent qu'elles veulent tout faire, et tout faire trop parfaitement, en tant que mères, épouses et travailleuses. (On se demande ce qu'ils disent des hommes qui sont à la fois pères, époux et travailleurs...)
Qui a tort? Qui a raison? On pourrait répondre: «Tout le monde.» Mais il serait plus éclairant encore d'interroger les faits qui causent toutes ces difficultés.




