Envie d'élargir votre cercle d'amis? Trucs pratiques, occasions de rencontres, sites Web et conseils de pros.
Vous vous remémorez avec nostalgie votre vie d'étudiante, période où les copains se comptaient à la douzaine. Les occasions d'élargir votre groupe d'amis pleuvaient alors: dans un cours de littérature américaine, au bar du quartier, dans un party chez votre ex-coloc... Les années ont passé. Annie et Catherine ont maintenant des marmots, Sophie et Martin habitent à la campagne, Marie a marié un Jesus freak et Simon, qui a joint les AA, ne sort plus. Les partys ont été remplacés par des soupers entre amis, repas qui se sont plus tard transformés en soirées en tête-à-tête avec l'amoureux du moment. Un vendredi soir, en préparant du pop-corn pour deux, les yeux rivés sur une pile de DVD, on se surprend à fantasmer sur des soirées animées autour de quelques pichets de bière. Triste constat: réunir à l'improviste une demi-douzaine d'amigos aux horaires surchargés relève désormais de l'exploit. Pire, notre spontanéité et notre facilité à nouer des liens ont rétréci comme une peau de chagrin.
Le premier pas
C'était si facile quand on avait cinq ans. Le premier jour à la maternelle, après avoir foncé sur la rouquine en salopette qui nous semblait gentille et lui avoir posé une question aussi directe que «Veux-tu jouer avec moi?», naissait une amitié qui dure encore.
Mais voilà que, une fois la trentaine arrivée, les occasions de faire des rencontres se font plus rares. Après avoir été une blonde ou une maman à temps presque complet, ou encore avoir été prise par sa carrière, on est «rouillée» et terrifiée à l'idée de faire les premiers pas. «Je trouve qu'il est difficile d'entretenir ses amitiés en vieillissant, parce qu'on doit concilier une foule de tâches et d'activités», note Josey Vogels, auteure de l'essai Le langage secret des filles, qui explore le sujet de l'amitié féminine. Malheureusement, obéir à un horaire hyper chargé ne signifie pas qu'on est comblée dans nos rapports sociaux. Bien au contraire. À force d'accomplir des choses plutôt que d'échanger avec les autres, un vide relationnel s'installe. Comment regarnir un carnet d'adresses anémique à l'âge adulte? Telle est la question...
Selon Josey Vogels, la rencontre amicale n'est pas si différente de la rencontre amoureuse. C'est la complicité sexuelle qui les différencie. Être ouverte aux rencontres - un conseil souvent prodigué par les spécialistes de la séduction - est également valable pour le recrutement de copains. Et cela comporte aussi un élément de risque. Dire oui à une invitation à souper chez des gens quasi inconnus, s'inscrire seule à un club de marche exigent effectivement que nous manifestions un courage jusque-là endormi par la routine. «En vieillissant, les peurs s'installent, et on a tendance à s'ancrer dans nos habitudes, commente l'auteure. C'est pourquoi la barrière entre les étrangers et nous est plus difficile à franchir. S'ouvrir aux autres peut parfois être pénible, parce qu'on est plus cynique, on fait moins confiance aux gens.»
Illustration: Jacques Laplante




