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Pourquoi sommes-nous si perfectionnistes?

Viser la perfection, c'est vouloir l'impossible. C'est pourtant ce que les femmes cherchent à obtenir plusieurs fois par jour. Pourquoi?

Par
Marie-Andrée Lamontagne
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Soledad
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Pourquoi sommes-nous si perfectionnistes?

Qualité ou maladie?
C'est qu'il y a perfectionnisme... et perfectionnisme. Dans le langage courant, c'est une qualité. Dans le langage des psychologues, c'est une autre paire de manches, du moins depuis 1977, date à laquelle ce trouble de la personnalité a été inclus dans la Classification internationale des maladies (la bible des psychiatres). De nos jours, le perfectionnisme est considéré par les psychologues comme l'un des facteurs importants du trouble d'anxiété généralisé (TAG), dont souffre, de manière générale, de 4 % à 5 % de la population, dont deux fois plus de femmes que d'hommes, selon les études citées par les psychologues cliniciens Robert Ladouceur, Lynda Bélanger et Éliane Léger dans Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien.

Entendons-nous bien: viser l'excellence n'est pas devenu une maladie. Le perfectionnisme devient un trouble de la personnalité quand il se manifeste dans tous les domaines, sans discernement, explique Éliane Léger, qui oeuvre au Centre de traitement de l'anxiété, à Québec. «Toutes les tâches deviennent alors également importantes et toutes les erreurs sont également graves», résume-t-elle. Pour France Gosselin, ce qui distingue la quête de l'excellence (valeur positive) du perfectionnisme (à caractère maladif), c'est le droit à l'erreur. «Les perfectionnistes n'ont pas le droit de se tromper, dit-elle. Leur désir de bien faire a quelque chose d'inhumain. Ce n'est pas la satisfaction du travail accompli qui les motive, mais la peur des reproches ou du jugement d'autrui.» Le moindre faux pas, une chaussette qui traîne, un mot oublié dans un rapport, un cheveu dans le lavabo, et leur vie s'écroule.

Certaines se reconnaîtront sans doute dans ce portrait à peine exagéré. Cependant, le perfectionnisme n'a pas toujours besoin d'être maladif pour se retourner contre les femmes. Torontoise établie à Paris, Avivah Wittenberg-Cox, associée chez Diafora Consulting, anime des séminaires de gestion pour les femmes en entreprise. «Les femmes se fatiguent dans les détails et à trop vouloir tout concilier, soupire-t-elle au téléphone. Elles croient que c'est comme ça qu'elles vont avancer. Elles se trompent. Le perfectionnisme, c'est bon dans la vingtaine. Après, si on veut être reconnue pour son leadership, il faut s'y prendre autrement. Par exemple, en infiltrant les réseaux et en nouant des alliances entre femmes. Que font les hommes qui réussissent? Ils ont une idée précise et ont envie de la réaliser. Ils s'entourent d'associés. Ils délèguent. Ils motivent. Ils ne sont pas perfectionnistes. Pourquoi les femmes devraient-elles l'être?»

 

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