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Peut-on se fier aux signaux de notre corps?

On traitait de gourous ceux qui clamaient l'importance de l'esprit dans la guérison. Ce sont aujourd'hui des médecins de renom qui prônent cette approche novatrice.

Par
Danielle Stanton
(7 personnes)
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Peut-on se fier aux signaux de notre corps?

Lorsque le corps se rebelle
Pour Gabor Maté, la relation corps-esprit ne fait pas l'ombre d'un doute. À ses yeux, la maladie est même souvent le moyen dont l'organisme dispose pour se rebeller contre ce que l'esprit ne reconnaît pas. «Nos émotions mal vécues, nos pensées négatives et nos refoulements finissent par nous rattraper. Et nous rendre malades. D'autres facteurs jouent aussi évidemment. Mais celui-là pèse lourd.» Nous serions donc responsables de nos maux? «Il n'est aucunement question de culpabilité, objecte-t-il. Nos patterns émotionnels sont inconscients. La maladie vient agir comme un révélateur. Si on en profite, elle nous donne la chance de vivre ensuite plus en paix avec nous-mêmes et les autres.»

Le radio-oncologue Félix Nguyen, de l'hôpital Notre-Dame, à Montréal, ne rejette pas non plus d'emblée l'hypothèse que des blocages émotifs soient à l'origine de maladies. «C'est possible. Mais ne vous méprenez pas. J'ai 11 ans d'université derrière moi et je crois aux grandes vertus de l'arsenal médical. Certaines expériences de vie m'ont toutefois amené à me questionner. Tout ne peut s'expliquer scientifiquement.» Le fait que le corps et l'esprit forment un tout lui semble irréfutable. «Que le stress puisse déclencher une crise d'eczéma ne soulève généralement pas d'objection. Pourquoi ce lien de cause à effet ne serait-il plus valable pour les cancers?»

L'oncologue met quotidiennement en pratique ce en quoi il croit. «Une rencontre avec un patient doit dépasser le simple aspect physique. Je l'écoute. Et j'essaie de prendre en compte sa vie, comment il perçoit son mal. Un premier rendez-vous peut durer une heure et demie. Vous savez quoi? En bout de ligne, je suis gagnant. Les patients se sentent moins angoissés, et ils sont davantage disposés à se prendre en main. Chaque patient a un rôle essentiel à jouer dans son traitement. Si je fais montre d'empathie et de respect envers lui, il sera plus heureux, donc mieux armé pour agir. Vous voyez, je ne fais rien de bien extraordinaire.»

Au contraire. La science est en train de prouver qu'une attitude comme celle du Dr Nguyen peut faire la différence. La relation médecin-patient peut contribuer à moduler l'efficacité d'un médicament ou d'un traitement: c'est l'effet placebo. «On a là la preuve de la capacité du corps à s'autoguérir», croit le psychiatre et auteur David Servan-Schreiber. L'effet placebo a toujours eu une connotation un peu étrange, estime Gilles Lavigne, professeur et chercheur à la Faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal. Mais voilà, depuis peu, l'imagerie médicale (encore elle!) révèle que son pouvoir n'est pas qu'imaginaire: l'effet placebo est aussi neurophysiologique, argue celui qui s'apprête à diriger une équipe pancanadienne de 25 chercheurs sur le sujet. «Donnez à un groupe un médicament et à un autre une pilule de farine. Dans les deux cas, vous verrez “s'allumer” des parties du cerveau liées à des mécanismes de guérison. Le génie populaire avait raison: l'effet placebo, ça se passe “entre les deux oreilles”. Non seulement dans l'esprit, mais dans le cerveau.»

Si un état d'esprit optimiste peut influencer favorablement un traitement, l'inverse est-il aussi vrai? «Une attitude pessimiste ne signifie pas forcément que vous répondrez mal à un traitement, dit le neuroscientifique Serge Marchand, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. Mais en ayant une attitude positive, vous mettez certainement plus de chances de votre côté.» Par ailleurs, l'expert en effet placebo va jusqu'à dire que si un patient n'a pas confiance au départ en un traitement, mieux vaut en changer! «Les preuves sont là, poursuit-il. La guérison a aussi une composante psychologique. Les médecins le savent bien, intuitivement. Mais plusieurs n'en tiennent tout simplement pas compte, faute de temps ou de conviction.»

COMMENTAIRES.

  • Guylaine Lamontagne
    Published:
    2009-03-02 5:51 PM

    Je crois bien que ceci est votre meilleure section, bien que j'aime bien la plupart des autres.
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