On traitait de gourous ceux qui clamaient l'importance de l'esprit dans la guérison. Ce sont aujourd'hui des médecins de renom qui prônent cette approche novatrice.
Des preuves scientifiques
Cette fois, la prescription non orthodoxe ne vient pas de nébuleux gourous new age en mal de clientèle. David Servan-Schreiber est considéré comme une sommité mondiale des neurosciences cognitives. Jim Gordon n'est pas non plus un nobody. Il a été président de la Commission pour les médecines alternatives au prestigieux organisme responsable de la recherche médicale aux États-Unis (National Institutes of Health). Eux et les adeptes de cette nouvelle médecine fondent leurs dires sur les avancées de la science. Les clichés pris grâce aux récents progrès en imagerie cérébrale le démontrent: esprit et corps sont «connectés» par le truchement du «cerveau émotionnel». «Les états joyeux correspondent à des états positifs de l'organisme», observait récemment le neurologue Antonio Damasio, autorité internationale dans le domaine des lésions du cerveau affectant les émotions. «La coordination physiologique est optimale à ce moment, et le bien-être en découle. Au contraire, les états de tristesse provoquent un déséquilibre fonctionnel.»
L'imagerie médicale a révélé autre chose d'étonnant: prier ou méditer aurait un effet bénéfique sur la santé (cela entraîne une série de changements physiologiques antistress). Effet lui-même semblable à celui que procure la pratique de la «cohérence cardiaque» prônée par David Servan-Schreiber. L'auteur de Guérir admet toutefois qu'on ne peut pas toujours visualiser aussi clairement l'impact des méthodes qu'il défend. À la limite, il s'en fiche. «Nous ne savons pas non plus parfaitement comment agissent les antidépresseurs. Personne n'hésite à les prescrire pour autant! Ce qui m'importe, c'est de pouvoir appuyer chaque approche par des recherches sérieuses attestant de leur efficacité. Si elles contribuent à la guérison et n'ont pas d'effet secondaire, il n'y a aucune raison d'en priver les malades.»
Encore faudrait-il que les médecins prennent la peine de lire les études avant de les rejeter, fait remarquer Gabor Maté, médecin de famille à Vancouver et auteur du livre Quand le corps dit non - Le stress qui démolit (Éd. de l'Homme). «Le savoir des médecins est extraordinaire. C'est ce qu'ils ignorent qui m'inquiète. Pour des problèmes qui demandent des interventions rapides comme les fractures et les infections, la médecine occidentale est imbattable. En cas de cancers ou de maladies chroniques, elle l'est cependant beaucoup moins. Il faut de nouvelles lunettes de lecture.»




