Une mosaïque étonnante de femmes d'ici, exposée au quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal jusqu'au 10 septembre. Trois questions à10 de ces femmes d'exception.
L'HOMME AUX MILLE FEMMES
Pierre Maraval -- l'artiste, le photographe, le performeur – a chorégraphié cette valse à mille temps à un rythme fou.
Fiche signalétique
Nom Pierre Maraval.
Profession Artiste.
Quel est le mot qui vous décrit le mieux?
«Avalé. D'abord parce que c'est une sorte d'anagramme avec mon nom. Ensuite, parce que je me sens avalé par cette performance magnifique.»
Votre première rencontre avec la photo
«J'étais en vacances avec ma famille, en France, dans un endroit complètement perdu. Un jour, en allant ramasser des fraises dans les bois, j'ai trouvé un portemonnaie par terre avec des sous à l'intérieur. C'est avec cet argent que je me suis acheté mon premier appareil photo.»
Les rencontres les plus marquantes de votre vie
«J'ai été impressionné par les femmes que j'ai aimées plus que par n'importe qui d'autre.»
D'où vient cette idée de 1000 portraits?
«En tant que peintre, j'ai beaucoup travaillé sur mon propre corps et sur la figuration. À un moment donné, j'ai eu envie d'aller davantage vers les autres et de représenter cette société de communication dans laquelle on vit... d'où ces portraits de réseaux humains.»
Et l'idée des 1000 portraits de femmes?
«Je trouve que les femmes sont le plus grand réseau du monde. Elles sont liées par une situation commune: presque partout, elles sont en train de lutter pour leur égalité.»
Pourquoi avoir choisi Montréal, après Paris et Cuba?
«J'ai envie de faire une œuvre mondiale et de photographier les femmes sur tous les continents. Je devais opter pour une ville en Amérique du Nord, et Montréal, pour un Français, est un choix évident.»
Pour vous, les Québécoises sont…
«sympathiques, attentionnées et curieuses. J'ai aussi le sentiment que ce sont des femmes très fortes».
En photographiant ces femmes, vous pensiez à...
«les rassurer, parce que beaucoup d'entre elles ont peur de leur image. Ce qui est d'ailleurs très étonnant, car elles sont profs d'université, juges, médecins... En général, c'est d'elles qu'on a peur! Aussi, juste avant la séance, je leur demandais de faire une halte à l'espace de maquillage Lancôme (partenaire important de l'événement), installé pour l'occasion. Après une petite retouche, elles se sentaient aussitôt plus belles et plus sûres d'elles devant la caméra».
Comment voyez-vous l'évolution de la condition féminine dans le monde?
«Je suis persuadé que le pouvoir devrait revenir aux femmes. Autrefois, les vertus masculines étaient adaptées à notre monde parce qu'on avait besoin de le conquérir. Aujourd'hui, il me semble que les vertus féminines – donner et préserver la vie – sont plus adaptées à l'univers dans lequel on vit.»
À quoi ces mots vous font-ils spontanément penser?




