Prendre un bain de soleil dans un pré fleuri où folâtrent des papillons quand on habite un triplex du centre-ville: pur fantasme? Que non! Les toits verts sont là pour ça.
Portés par la vague «architecture à développement durable», les toits verts commencent à prendre racine chez nous. Malgré les pressions des environnementalistes, les initiatives sont toutefois rarissimes et se limitent aux édifices publics et institutionnels. Parmi eux, le pavillon Lassonde de l'École polytechnique de Montréal, l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, le quartier général de la GRC et le bâtiment de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, ces deux derniers projets dans le quartier Saint-Henri.
On est loin des 10 000 millions de mètres carrés de toits gazonnés ou fleuris que compte l'Allemagne, qui a amorcé un virage vert en 1960. Au Japon, la végétalisation des toits de grande surface est obligatoire depuis 2001. Les toits verts bourgeonnent aussi aux États-Unis: à Philadelphie, à Chicago, en Californie. La palme revient toutefois à Portland (Oregon). Après avoir convaincu les secteurs public et privé de verdir le toit de leurs bâtiments, Portland met tout en oeuvre pour inciter les propriétaires de maison à faire de même, en leur accordant des subventions et une remise annuelle de 35 % sur la taxe d'eau.
Voilà le genre de mesures que le Centre d'écologie urbaine aimerait bien voir prendre par la Ville de Montréal. «Dans les années 80, j'arrivais rarement à convaincre mes clients d'aménager leur toiture en espace vert. Aujourd'hui, ce sont les promoteurs immobiliers qui le réclament», affirme Jackie Deschênes, qui exerce dans la région de Québec. Il a été un des premiers architectes à s'intéresser aux toits végétalisés. D'abord pour améliorer la qualité de vie des résidants en milieu urbain, trop souvent privés de cours. «Il faut voir le toit vert comme un jardin entre ciel et terre, qui bénéficie d'un maximum d'ensoleillement et d'un air plus pur qu'à ras de ruelle. On peut y cultiver ses légumes, installer un bassin avec une fontaine, planter des arbres, aménager une terrasse où faire des barbecues entre copains.»
Le toit-terrasse des Lofts Laliberté, à québec,br Photo: Michel Bouliane/ Soprema




