Les femmes de la génération Y n'attendent plus le prince charmant pour gérer leurs finances. Serait-ce la fin du complexe de Cendrillon?
SANS COMPLEXE
De leurs parents boomers, les Y n'ont pas hérité que la peur de l'engagement. Ils ont aussi appris à consommer. «Pour un boomer, faire de l'argent et se gâter matériellement, ça va presque de soi, dit Carol Allain. Comme eux, leurs enfants aspirent à se payer un chalet, des voyages, quelques luxes. Ils savent qu'ils doivent faire de l'argent pour y arriver. Ils n'ont pas de problème moral avec ça.»
«Les Y ont moins tendance que leurs aînées à considérer l'argent comme quelque chose de sale», renchérit Hélène Marquis. Conseillère principale en planification avec le Groupe conseil en protection du patrimoine de la Financière Sun Life Canada, elle a travaillé à l'adaptation québécoise du livre Les femmes & l'argent, de Suze Orman, gourou de la finance américaine lancée par Oprah Winfrey. En faisant la promotion du livre, elle a constaté que les femmes d'un certain âge, après avoir vu le titre du bouquin, la regardaient parfois comme si elle voulait leur vendre le diable, mais que ça arrivait plus rarement avec les jeunes. «À mon avis, c'est plutôt une bonne nouvelle!» précise-t-elle, en soulignant que ses deux fils, dans la fin de la vingtaine, s'en remettent souvent à leurs blondes lorsqu'il est question d'argent.
L'historienne Yolande Cohen se dit étonnée de voir à quel point la transition des jeunes femmes vers l'autonomie financière s'est faite rapidement. «Il n'y a pas si longtemps, les femmes n'avaient même pas le droit d'avoir un carnet de chèques ou un compte bancaire à leur nom! rappelle-t-elle. C'est au cours des 30 ou 40 dernières années que tout a déboulé, surtout grâce à l'éducation.» Elle ne croit pas que le complexe de Cendrillon ait entièrement disparu pour autant. De nombreuses femmes sentent encore qu'elles doivent être en couple pour se réaliser pleinement. Mais sur le plan des finances, les gains sont évidents.
«Ça se sent: les jeunes femmes ont le net sentiment d'exister par elles-mêmes. C'est une victoire sensationnelle, car l'autonomie financière est la première condition pour accéder à toutes les autres formes d'indépendance.»
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Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC



