Les femmes de la génération Y n'attendent plus le prince charmant pour gérer leurs finances. Serait-ce la fin du complexe de Cendrillon?
PLUS ÉDUQUÉES, PLUS RICHES
Si les jeunes femmes sont plus indépendantes financièrement que l'étaient leurs mères, c'est avant tout parce qu'elles gagnent davantage d'argent. D'une part, elles sont plus nombreuses à travailler – 69 % des Québécoises en 2007. D'autre part, elles occupent de meilleurs postes. Le pourcentage de Québécoises détenant un diplôme universitaire a triplé au cours des 15 dernières années, passant de 7 % en 1981 à 22 % en 2006. Côté rémunération, ça paraît. De 21 600 $ en 1980, le salaire moyen des femmes a grimpé à 24 800 $ en 2005 (en dollars constants), pendant que celui des hommes passait de 38 200 $ à 36 700 $.
Certes, l'équité salariale n'est pas encore acquise et, à travail égal, les femmes gagnent encore souvent moins que leurs collègues masculins. Si on les compare à leurs mères toutefois, les femmes de la génération Y ont parcouru un sacré bout de chemin sur le plan professionnel! «La démocratisation de l'éducation qui a accompagné la Révolution tranquille dans les années 60 a complètement changé la donne», souligne Yolande Cohen, professeure d'histoire à l'UQAM et membre de l'Institut de recherches et d'études féministes. «Bien que quelques femmes de la génération des baby-boomers aient misé sur la carrière, dit-elle, la grande majorité d'entre elles étaient secrétaires ou infirmières. Elles travaillaient en attendant d'avoir des enfants ou quand ceux-ci étaient devenus grands. Leurs filles de la génération Y, elles, ont eu accès à toutes les professions.» Et contrairement à leurs mères, elles accordent la priorité à la carrière plutôt qu'à la famille. «Je dis souvent à mes étudiantes que, au lieu de râler devant les iniquités qui persistent, elles devraient se réjouir des progrès accomplis jusqu'à maintenant», ajoute-t-elle en riant.
Même le vieillissement de la population joue en faveur des filles de la génération Y! Les employeurs ont de plus en plus de mal à remplacer les travailleurs qui partent à la retraite. Résultat: les jeunes candidats ayant de bons dossiers se voient souvent offrir plus d'un poste. «C'est un marché de candidats, et non d'employeurs», dit Michel Pauzé, président de Michel Pauzé et Associés, chasseurs de talents. Les filles (les garçons aussi) en profitent pour négocier de meilleurs salaires.



