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Les femmes et l'argent

Les femmes de la génération Y n'attendent plus le prince charmant pour gérer leurs finances. Serait-ce la fin du complexe de Cendrillon?

Par
Dominique Forget
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Depuis, le condo a été revendu à profit. L'argent a été investi dans un portefeuille de placements. Le temps que la bulle immobilière désenfle un peu.

Colette Dowling gagnerait à rencontrer quelques femmes de la génération de Lisa. Les moins de 35 ans ne semblent pas avoir froid aux yeux lorsque vient le temps de négocier l'achat d'une propriété ou de parler de placements. Et les milieux professionnels sont bondés de ces cendrillons nouveau genre. Jade, une célibataire de 28 ans qui travaille dans le milieu des communications, est l'heureuse propriétaire d'un chalet dans les Laurentides depuis décembre dernier. «Je cherchais un placement sûr et un endroit pour me déconnecter de ma vie urbaine mouvementée.» Quant à Myriam, 29 ans, graphiste, elle a «RAPé» (utilisé ses REER comme mise de fonds, en vertu des règles du Régime d'accès à la propriété) pour acheter un condo l'an dernier... un mois avant de rencontrer son nouveau chum. «Les loyers sont rendus tellement chers. J'aimais autant payer un peu plus et faire un investissement.»

VENT D'INDÉPENDANCE
Ce nouveau vent d'indépendance, les agents immobiliers le sentent depuis quelques années. Par exemple, ceux du groupe Le Pailleur, spécialisé dans le secteur du Plateau-Mont-Royal, à Montréal, notent qu'un nombre croissant de femmes de moins de 35 ans achètent seules une propriété. Montant investi? De 250 000 $ à 350 000 $ en moyenne. «C'est quelque chose qu'on ne voyait pas du tout il y a 10 ans à peine», observe Brigitte Le Pailleur, qui exerce le métier depuis 25 ans. Sa collègue Manon Cantin renchérit: «Même quand il s'agit d'un couple, on constate que les jeunes femmes sont très impliquées dans les décisions financières. Tout récemment, une cliente est venue avec son chum pour acheter un triplex. Elle en a négocié le prix, en a fait faire l'inspection, s'est occupée de l'estimation des travaux, a trouvé les locataires. Il s'agissait clairement de son investissement.»

Même son de cloche chez les planificateurs financiers. Alors que les baby-boomers et leurs aînés viennent généralement en couple pour discuter de leurs placements, les membres de la génération X (nés entre 1965 et 1980) et surtout Y (nés entre 1980 et 1994) se pointent seuls dans bien des cas. «Les garçons comme les filles me disent souvent qu'ils ne veulent pas que leur conjoint soit au courant de leurs avoirs», révèle Bruno Therrien, du Groupe Investors.

Luce Hébert, de la Caisse Desjardins Pierre-Boucher, à Longueuil, constate pour sa part que les femmes sont mieux informées qu'elles l'étaient autrefois: «J'ai 45 ans, et, même entre ma soeur de 33 ans et moi, je vois une différence. Elle a appris les règles de base de l'épargne dès le secondaire, pas moi.» Plusieurs cégeps offrent effectivement des séminaires sur la planification financière personnelle. Et dans Internet, on trouve aisément de l'information vulgarisée sur les finances personnelles.

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