Les femmes de la génération Y n'attendent plus le prince charmant pour gérer leurs finances. Serait-ce la fin du complexe de Cendrillon?
Sur le coup de minuit, Lisa bondit de sa chaise. «J'ai rendez-vous avec mon courtier demain matin», lance-t-elle. Ses copains ont à peine le temps de se retourner qu'elle a disparu de la fête, comme par enchantement. Déjà, deux rues plus loin, elle s'engouffre dans un taxi. Mais pas question de laisser tomber un soulier sur son chemin; ses Manolo Blahnik sont bien attachés à ses pieds. On n'a plus les cendrillons qu'on avait!
Au début des années 80 pourtant, la psychothérapeute américaine Colette Dowling assurait que le personnage de Charles Perrault était toujours criant d'actualité. Dans son livre Le Complexe de Cendrillon, elle affirme que les femmes ont secrètement peur de leur indépendance, qu'elles ne se sentent pas complètement heureuses tant qu'un prince charmant n'est pas venu les sauver de leur célibat. Il faut croire que plusieurs d'entre nous se sont reconnues: le bouquin a connu un succès international. En 1998, Mme Dowling rappliquait en publiant Cendrillon et l'argent. Les femmes sont certes capables de gagner de l'argent, disait-elle, mais elles peinent à le faire fructifier. Elles attendent d'être en couple avant d'acheter un condo et d'investir dans leur retraite. Bref, elles craignent d'assumer leur indépendance financière.
«Je ne me reconnais absolument pas dans ça», laisse tomber Lisa, 30 ans, traductrice juridique. «Oui, j'ai un chum, mais je n'ai pas attendu d'être casée pour acheter mon premier condo. J'avais 26 ans et j'étais célibataire.»
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