Julie avait hâte de faire connaissance avec la fille de son nouvel ami... jusqu'à ce qu'elle la rencontre.
Au fil des mois, on a continué à se retrouver une semaine sur deux - garde partagée oblige -, jusqu'à ce qu'on ait un mal fou à se quitter. C'est à ce moment-là que je suis revenue à la charge. Quand me présenterait-il sa fille? «Pas tout de suite, je ne suis pas prêt», m'a-t-il répondu. J'ai respecté sa décision avec un vif pincement au coeur.
Puis un jour, le hasard a voulu que je tombe sur Vincent et sa fillette, une petite blondinette à la mine boudeuse, dans un grand magasin du centre-ville. Surpris, on a fait comme si on était seulement de bons amis. Lorsqu'il m'a présenté Laurence – comment dire –, j'ai ressenti un malaise. Moi qui suis naturellement gaga avec les enfants, j'étais là, bêtement paralysée, sans élan. J'ai quitté le magasin troublée. Quel drôle d'effet cette gamine m'avait fait!
J'étais à des années-lumière de m'imaginer qu'en rencontrant Vincent ce n'est pas son ex qui ferait de ma vie un enfer, mais bien sa fille de six ans! Je m'explique: malgré toute la bonne volonté qui m'animait, Laurence ne me plaisait pas. J'avais beau faire des efforts, chaque fois qu'on se retrouvait tous les trois, sa façon de minauder, de toujours réclamer de l'attention ou un cadeau – sans compter sa manie de pleurnicher pour un rien – me hérissaient.
Il faut dire que Vincent, qui se sentait coupable d'avoir laissé la mère de Laurence, cédait en tout à sa fille. Laurence réclamait un nouveau jeu, plus amusant que celui qu'elle venait d'avoir? Vincent le lui achetait. Laurence ne voulait pas ranger sa chambre? Papa ou la femme de ménage s'en chargeait. Vincent interdisait la télé pendant les repas? Laurence n'en faisait qu'à sa tête et s'installait avec son dessert devant TéléTOON. Et moi, je bouillais intérieurement, redoutant l'explosion. Heureusement, j'arrivais à me contenir en me répétant que je n'avais pas à m'immiscer dans l'éducation de Laurence. Mais il m'arrivait aussi de proposer à Vincent de faire garder la petite, ou encore de prétexter une montagne de boulot lorsque je ne me sentais pas la force d'être témoin des caprices de Laurence.
La suite: "Je l'ai giflée"



