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J'aurais voulu être mannequin!

La télésérie Portfolio: derrière l'image, diffusée à TQS, dévoile la vie de 16 aspirants mannequins. L'intérêt que le public lui manifeste a incité ELLE QUÉBEC à faire le point sur un métier dont on connaît, au fond, bien peu de choses.

Par
Myriam Gagnon
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J'aurais voulu être mannequin!

Mince, alors!
On n'en finit plus de blâmer les «paquets d'os ambulants» que sont les top modèles d'aujourd'hui, responsables de l'obsession féminine des kilos en trop. Dans la croyance populaire, mannequinat et régimes draconiens sont indissociables. Denis Desro, rédacteur en chef mode à ELLE QUÉBEC, relativise la situation: «On se calme. D'une part, le gabarit des filles est le même qu'en 1980. Et d'autre part, plusieurs mannequins sont minces naturellement. Le problème se pose surtout avec les mannequins à forte ossature, qui doivent lutter contre leur morphologie. Celles-là doivent sûrement surveiller davantage leur poids.»

Pour la psychothérapeute Stéphanie Milot, au nombre des collaborateurs de Portfolio, «la tendance à l'anorexie-boulimie n'est pas le propre de la profession, mais de toute personne dépourvue de confiance en soi. Les mannequins à l'aise dans leur peau échappent au piège». En vertu de quoi, dans les agences sérieuses où les candidates sont suivies de près, on n'hésite pas à orienter la fille décharnée vers un coach de vie. On insiste aussi sur l'entraînement physique. «Je crois que la nouvelle génération a compris le principe, commente Corinne Poracchia. Tu manges à ta faim et tu brûles le surplus de calories au gym.» Et les candidats de Portfolio de s'exclamer en choeur: «Depuis le premier jour de tournage, on nous rappelle sans cesse l'importance d'une saine alimentation!»


Le petit plus
Côté physionomie, le métier, implacable, ne choisit que les visages aux traits délicats – parce que naturellement photogéniques –, avec une peau au grain fin qui accroche bien la lumière. «Le rôle du mannequin consiste à mettre les vêtements en valeur et non l'inverse», ajoute Denis Desro.

«Cela dit, la perfection du corps et du visage, ça ne suffit pas, constate Mme Poracchia. Le métier exige en outre l'intensité dans le regard, la facilité à exprimer des émotions, l'aisance devant la caméra. Des qualités innées. Certaines l'ont, d'autres pas. Et le premier test photo fait foi de tout. C'est injuste, je sais, mais c'est comme ça.»

Le rôle de la psychothérapeute Stéphanie Milot consiste à évaluer les candidats d'après leurs compétences dites d'intelligence émotionnelle. «Les plus susceptibles de réussir sont ceux et celles qui font preuve de détermination, d'autonomie, d'équilibre et de capacité d'adaptation à des milieux différents. Et, surtout, d'estime de soi. Il en faut une tonne pour supporter les critiques souvent cruelles des professionnels et pour surmonter le sentiment de rejet sans être complètement démoli chaque fois.»

On l'aura compris: un égo téflon est essentiel pour devenir mannequin. Neuf fois sur dix, le casting n'aboutit nulle part. «Je n'ai jamais autant pleuré que du temps où j'étais mannequin», avoue Corinne Poracchia. Élisabeth Lepage abonde dans le même sens: «Ton agent a beau te répéter de ne pas le “prendre personnel”, c'est très difficile de rester zen quand tu arrives gonflée à bloc sur un shooting et que le client te balance: “Il y a erreur de casting. Tu es trop grosse.” Ou qu'un photographe te lance en hurlant: “T'es archinulle! Dégage!”»

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