Alors qu’elle se préparait à une grande joie, Catherine a eu le plus pénible des accouchements.
Faire son deuil
Mon séjour à l’hôpital a duré moins de 24 heures. Tout ce que je voulais, c’était rentrer à la maison, me coucher et dormir. Dormir longtemps. Quelle tristesse que de rentrer chez nous les mains vides! Pas de petite puce dans le siège d’auto. Pas de petit trésor à cajoler. Pas de gazouillis. Pas de pleurs. Martin et moi avons mis deux jours avant de nous décider à pénétrer dans la chambre de Marie. Le rose des murs nous semblait si triste. Nous avons longuement regardé les deux photographies que l’infirmière avait prises, puis nous les avons déposées dans la couchette. Nous avons beaucoup pleuré. Des larmes douloureuses, mais nécessaires.
C’est bien connu, avoir un enfant, c’est difficile pour un couple. Avoir un bébé qui meurt, c’est pire. Au début, Martin ne parlait pas beaucoup de ce qu’il vivait. J’interprétais son silence comme une sorte de fuite. Je me demandais s’il ne cherchait pas déjà à passer à autre chose... J’en ai discuté avec lui. J’ai compris qu’il n’en était rien. Il souffrait autant que moi, mais il ne ressentait pas toujours le besoin de l’extérioriser.
En fait, nous avions tout simplement chacun notre façon de vivre notre deuil. Moi, j’avais besoin de parler de Marie, de la pleurer, de partager cette expérience déchirante. D’ailleurs, je me suis vite rendu compte que le deuil périnatal était un grand tabou. Encore aujourd’hui, chaque fois que j’ose parler de Marie, je sens l’inconfort des gens. Ils ne savent pas quoi dire, ce qui est tout à fait normal puisqu’il n’y a rien à dire. Il suffit d’écouter. Mais à mes yeux, même si Marie est morte, elle fait partie de notre vie. C’est important pour Martin et moi de pouvoir en parler. Elle sera toujours notre premier enfant.
Outre l’appui de mon amoureux, j’ai trouvé un grand réconfort auprès d’un groupe de soutien virtuel appelé Nos petits anges au paradis. Ce forum permet aux parents qui vivent un deuil périnatal de discuter à coeur ouvert de la mort de leur enfant. Ça me fait aussi beaucoup de bien de participer à la fête des Anges, célébrée chaque année, et partout dans le monde, vers la mi-octobre. Pour cette occasion, nous sommes des milliers de parents endeuillés à nous recueillir en même temps.
DATE DE PUBLICATION: 2009-09-01
, Tiré de ELLE Québec magazine, septembre 2009



