Clara rêvait d'une famille parfaite. Elle s'est mariée, a eu deux enfants... et s'est écroulée à deux reprises.
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Quand je suis entrée dans son cabinet, que je lui ai dit que plus rien n'allait dans ma vie, il m'a écoutée, et a immédiatement diagnostiqué une dépression postpartum. J'avais tous les symptômes, sans exception. Découragement, culpabilité, anxiété, tendance à pleurer constamment, sentiment de ne pas être à la hauteur, irritabilité, fatigue, tout était là. Mon médecin m'a tout de suite rassurée. Il m'a expliqué que ce qui se passait n'était pas de ma faute. Que c'était hormonal. Il m'a prescrit des antidépresseurs et m'a vivement recommandé de me reposer.
J'avais déjà entendu parler de la dépression postpartum, mais sans jamais penser que ça pouvait m'arriver. J'étais forte, moi. J'étais une battante. J'avais toujours réussi ce que j'avais entrepris. Je ne saisissais pas que cette fois, tout était en place pour le grand crash. En vivant cette dégringolade, j'ai réalisé que j'avais aussi chuté après mon premier accouchement, mais sans trop m'en être rendu compte. Je n'avais pas appris à être une mère raisonnable, à me réserver du temps. J'étais convaincue que tout le monde autour de moi était inapte à s'occuper de mes enfants!
Pour le couple, ç'a été épouvantable. Les gens perfectionnistes sont aussi très exigeants avec les autres. Mes attentes envers mon mari étaient si élevées qu'il n'arrivait jamais à y répondre. J'étais devenue intolérante. J'avais l'impression qu'il ne faisait rien de la bonne manière. Heureusement, il a compris que je ne me trouvais pas dans mon état normal, que j'étais malade... et que j'allais guérir.
Aujourd'hui, je ne me sens aucunement coupable de ma dépression. Et je ne considère pas ça comme un échec. Ce n'est pas de ma faute. Ça m'est arrivé, je n'y peux rien. Les médicaments m'ont réellement aidée. J'ai fini par avoir plus d'énergie, par être moins émotive, plus apte à prendre les choses telles qu'elles se présentaient, à accepter que je ne pouvais pas tout contrôler. J'ai recommencé à fonctionner, à voir la lumière au bout du tunnel. Mais les médicaments ne règlent pas tout. Mes parents m'ont apporté un soutien inestimable. Ils ont littéralement pris mon bébé en charge pendant un mois, le temps que les pilules fassent effet et que je me repose vraiment. Aujourd'hui, ma petite a un an et demi.
Je continue le traitement, mais ça va mieux. Je suis retournée au travail. Je suis encore perfectionniste, mais je me soigne. J'ai appris à déléguer, à accepter l'aide des autres. Je ne suis plus une mère qui ne vit que pour ses enfants, mais je suis une mère stable, en forme, qui prend soin d'elle, qui s'entraîne à l'heure du lunch, mange bien, sort avec ses amis. Une mère imparfaite, en somme, mais beaucoup plus heureuse!
Propos recueillis par Marie-Claude Fortin
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