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"J'ai été héroïnomane sans que mon entourage s'en aperçoive"

Amélie était une adolescente performante mais fragile. Elle est restée performante… mais est devenue toxicomane.

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Vers l'âge de 16 ans, j'ai commencé à consommer des drogues avec mes amis. J'essayais tout ce qu'on me proposait: haschich, LSD, cocaïne. Je n'avais peur de rien. J'étais pleinement consciente des dangers de la dépendance, mais j'avais l'impression de maîtriser la situation. Mon idole était Kurt Cobain, le chanteur du groupe Nirvana, mort d'une surdose à l'âge de 27 ans. Je connaissais tout de sa vie, y compris sa consommation régulière d'héroïne. Mon amour inconditionnel pour lui me donnait envie de l'imiter. Je voulais goûter à cette drogue, juste pour voir ce que c'était. Pendant plusieurs mois, j'ai tenté de m'en procurer, sans succès.

L'été de mes 18 ans, je suis partie à Vancouver avec un ami. On nous avait souvent répété à quel point l'héroïne était facilement accessible là-bas. En effet, deux jours après notre arrivée, nous possédions cette substance interdite... Pas question de me piquer, le geste m'horrifiait. J'avais peur des maladies et j'associais la seringue aux junkies. Nous avons donc fumé l'héroïne. Le feeling a dépassé toutes mes attentes. Un grand frisson a traversé mon corps, tel un orgasme. Puis, j'ai ressenti un engourdissement réconfortant qui a bercé mon stress et mon angoisse jusqu'à les endormir profondément. Ne subsistait alors qu'un sentiment de bien-être profond.

De retour à Montréal, j'ai rapidement cherché à recommencer mais, la plupart du temps, je ne trouvais pas d'héroïne. Pendant six ans, j'en ai fumé de deux à quatre fois par année dans le plus grand secret. Cette consommation occasionnelle ne m'empêchait pas de fonctionner. J'ai fait mon baccalauréat en traduction tout en travaillant. À la fin de mes études, j'ai trouvé un emploi chez un éditeur. C'était en 2004; j'avais alors 25 ans. Au même moment, ma soif de défis et d'accomplissements m'a amenée à m'inscrire à une maîtrise, et à donner des cours de français quelques soirs par semaine. J'étais complètement débordée. Mon exutoire?

L'héroïne... J'avais trouvé une façon de m'en procurer facilement. J'en consommais le soir, à raison d'une à trois fois par semaine. Cette drogue me permettait de me détendre et d'arriver à remplir toutes mes obligations.

Pendant la même période, j'ai rencontré Stéphane, qui allait devenir mon amoureux... Au début, je lui ai dit que j'avais déjà pris de l'héroïne. Croyant à une simple folie de jeunesse, il n'en a pas fait de cas. Mais notre relation devenait sérieuse, et je trouvais difficile de lui mentir. J'ai fini par lui avouer que j'en fumais encore, à l'occasion, en lui promettant d'arrêter. Inquiet, il m'a demandé d'aller consulter. C'était sa condition pour que nous restions ensemble.

Dans les mois qui ont suivi, j'ai conservé un rythme de vie effréné. Je consommais de plus en plus, toujours en cachette. Plus je consommais, plus mon corps réagissait violemment. Chaque fois que je fumais, je vomissais. Évidemment, je perdais du poids. Stéphane remarquait que je m'affaiblissais, mais je le rassurais en lui disant que j'étais simplement fatiguée. Comme promis, je voyais une psychologue. C'était la seule personne avec qui j'étais honnête. Le reste de mon entourage ne savait rien de ce que je vivais.

COMMENTAIRES

  • François Bordeleau
    Published:
    2010-03-18 7:24 AM

    Le vrai courage dans ce type de dépendance n'est pas de se soritir de l'enfer de la drogue mais d'éviter d'en prendre pour commencer. Ceux qui commencent doivent assumer eux-mêmes les conséquences de leurs actions et ne doivent pas s'attendre à ce que la société s'appitoie sur leur sort.
  • Claude
    Published:
    2009-11-03 6:18 PM

    Wow ça se peut pas le déni sur ton idole Anthony.Allume,pkoi il ne pourrait pas être mort d'une surdose d'héro.Son problème était pourtant trèes connu!
  • Marie-Lucie
    Published:
    2009-03-13 11:03 AM

    il n'est pas facile de se sortir de l'enfer de l'héroìne, je suis moi-meme une ex-héroìnomane qui s'en est sortie seule. Ajourd'hui je travaille dans un centre de thérapie pour toxicomane, il y a plusieurs dépendances au drogues mais l'héroìne est une drogue à part très difficile de l'oublier. Je crois que sa prend beaucoup de corrage pour réaprendre à vivre sans cette dépendance.
  • Anthony
    Published:
    2009-03-09 3:46 PM

    Kurt Cobain est mort d'une balle au visage, soit en suicidant ou soit par quelqu'un d'autre car l'affaire n'a jamais été résolu, pas par surdose
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