Amélie était une adolescente performante mais fragile. Elle est restée performante… mais est devenue toxicomane.
Je m'appelle Amélie, j'ai 30 ans. Depuis deux ans, je prends de la méthadone dans le but de vaincre ma dépendance à l'héroïne. J'ai consommé cette drogue dure pendant presque 10 ans, mais nul ne s'en doutait.
Il suffit de prononcer le mot héroïnomane pour provoquer des réactions allant du malaise à l'indignation. Tout de suite, on imagine de jeunes délinquants au teint blafard et aux cernes creux, dont les bras sont couverts d'ecchymoses à cause des trop nombreuses injections. Des loques humaines, quoi! Bien sûr, ça peut être le cas, mais pas toujours. Personnellement, je n'ai jamais vécu dans la rue, je ne me suis jamais prostituée ni même piquée. Je viens d'une famille aisée, j'ai fait des études supérieures en linguistique, j'ai toujours mené une vie rangée.
Pour comprendre mon histoire, il faut remonter à mon adolescence. Au secondaire, j'étais une élève perfectionniste qui réussissait très bien. Pourtant, j'étais mal dans ma peau. Je n'aimais pas mon corps; je me trouvais grosse alors que je ne l'étais pas du tout. Mon manque d'estime personnelle me plongeait régulièrement dans des états dépressifs. J'aurais tellement aimé que les gens me perçoivent comme j'étais vraiment, c'est-à-dire une fille fragile et angoissée! Malgré ce désir, je n'arrivais pas à retirer mon masque de fille parfaite et je camouflais mon mal-être.
À l'école, je continuais d'être irréprochable mais, à l'extérieur, j'adoptais peu à peu des comportements délinquants.







