Christiane a 14 ans quand son beau-frère tombe amoureux d'elle. Il attendra 16 ans avant de le lui avouer.
Je viens d'une famille nombreuse: j'ai deux frères et huit soeurs. Ma sœur aînée, Francine, a 24 ans de plus que moi. Donc, lorsque j'avais 11 ans, elle en avait déjà 35. C'est cette année-là qu'elle a commencé à sortir avec Daniel, de 10 ans son cadet. Deux ans plus tard, ils se mariaient.
J'aimais bien Daniel. À cette époque, je n'aurais pas su clairement expliquer ce qui m'attirait chez lui mais, une chose est certaine, ça n'avait rien de sexuel. J'appréciais son intelligence, sa culture, et ça me plaisait de discuter avec lui car, malgré mon jeune âge, j'étais déjà très mature. Je l'étais aussi physiquement puisqu'à 14 ans je ressemblais presque à la femme de 33 ans que je suis aujourd'hui. Je me sentais également différente de mes sœurs, avec lesquelles je n'avais pas beaucoup d'affinités. En raison de ma personnalité, et parce que je n'avais pas grandi auprès d'elles: elles avaient déjà quitté la maison alors que je n'étais encore qu'une enfant. Nous nous voyions d'ailleurs très peu.
Un an après leur mariage, Francine et Daniel sont venus nous rendre visite. Comme ils habitaient dans une autre ville, ils avaient convenu de demeurer à la maison deux semaines. La présence de mon beau-frère me rendait heureuse. Je cherchais à être avec lui le plus souvent possible, pour discuter, tout simplement. Il y avait quelque chose entre nous que je ne saurais nommer, une complicité naturelle et spontanée, mais dénuée de toute intention de séduction toutefois, de ma part comme de la sienne.
Ce «quelque chose» n'avait pas échappé à ma sœur Francine. Un soir, elle a exigé de son mari qu'il lui dise franchement ce qui se passait entre lui et moi. J'étais dans la pièce voisine. C'est comme ça que j'ai entendu leur conversation.
Daniel a révélé à ma sœur et à mes parents qu'il se sentait fortement attiré par moi, qu'il me trouvait belle, intelligente, etc. Par contre, a-t-il ajouté, jamais il ne tenterait quoi que ce soit et ne m'avouerait ses sentiments... du moins pas avant que je sois une femme. Et, pour lui, une femme n'était réellement une femme qu'à 30 ans.




