Annika est tombée enceinte à 25 ans. Alors qu'elle s'attendait à vivre neuf mois de bonheur, sa grossesse a pris des allures de cauchemar.
J'ai traversé un peu plus sereinement les trois derniers mois de ma grossesse.
Je savais qu'il y avait une vie après tout ça, que mon bébé allait finalement naître. Moi qui espérais me libérer de ma bedaine deux semaines en avance, j'ai accouché deux semaines plus tard que la date prévue! L'accouchement a été provoqué et le travail a duré 25 heures. J'étais complètement épuisée. Dans les secondes qui ont suivi la naissance, le médecin a déposé mon enfant sur moi et je l'ai allaité. Je pleurais tellement qu'une infirmière m'a demandé si j'avais encore mal. J'aurais voulu lui expliquer que je ne pleurais pas de douleur, mais de fatigue, de joie et de soulagement. Je n'arrivais cependant pas à prononcer un seul mot. Je pleurais parce que mon bébé était blotti contre mon sein et que, déjà, je l'aimais.
Louis a pris deux mois de congé parental. Nous avions envie de vivre l'arrivée de notre enfant ensemble.
Deux jours après être rentrés à la maison, nous sortions à trois, en pleine tempête de neige, pour aller prendre un café. C'était magique. Je me sentais renaître. Par la suite, je prenais plaisir à intégrer une activité à chacune de nos journées: nous allions dîner au restaurant, visiter des amis, ou encore nous recevions chez nous. J'avais repris goût à la vie!
Ça fait maintenant 16 mois que j'ai accouché d'une adorable petite fille qui s'appelle Laura.
Ce sont sans contredit les 16 plus beaux mois de ma vie. Chaque matin, quand je l'entends gazouiller dans son lit, j'accours avec bonheur pour la cueillir comme la plus précieuse des fleurs. Sa présence est une source d'émerveillement quotidienne pour mon chum et moi.
Dire que je me croyais indigne d'avoir un enfant... J'en veux maintenant un deuxième, peut-être même un troisième. On dit que chaque grossesse est différente. J'espère que c'est vrai. Si la dépression frappe de nouveau la prochaine fois que je serai enceinte, j'en parlerai avec mon médecin et j'irai chercher de l'aide auprès de professionnels. Je suis consciente que la grossesse risque encore d'être une étape douloureuse pour moi, mais ma petite Laura sera là pour me rappeler que pour rien au monde je ne me priverais du privilège de voir grandir mon enfant. Pour ça, je suis prête à faire bien des sacrifices!
PROPOS RECUEILLIS PAR HÉLÈNE BÉLANGER-MARTIN




