Carriéristes, mais constamment à la recherche du grand amooouuur; pour la simplicité volontaire, mais consommatrices compulsives; indépendantes, mais pas financièrement... Serions-nous les reines de la contradiction?
AH, SI LES FEMMES ÉTAIENT AU POUVOIR…
Ce qu'on dit Si les femmes étaient au pouvoir, il n'y aurait plus de guerres, plus d'injustices, plus de famine sur la planète, clame-t-on et pense-t-on modestement.
Ce qu'on dit moins Que celles qui veulent prendre le pouvoir lèvent la main! Lors du dernier sondage Elle international (20 000 lectrices questionnées dans 35 pays), seules 4 % des Québécoises considéraient que faire carrière permettait de réussir sa vie. Quant à l'argent, qui est un instrument de pouvoir soit dit en passant, il ne représente un signe de réussite que pour, encore là, 4% d'entre nous. Ça vous donne une petite idée de nos ambitions.
Les circonstances atténuantes Au royaume de la politique et des affaires, les règles du jeu (hiérarchie, pouvoir centralisé, compétition) ont été établies par des hommes. Pas de chance, nous, on préfère le travail d'équipe et le partage du pouvoir. Sauf que ça fait seulement un demi-siècle qu'on travaille. Un peu court pour changer la donne, non?
LE STRESS DES SUPERWOMEN<br/>
Les circonstances atténuantes Vouloir tout faire, tout être, tout devenir, c'est la maladie du siècle, signale le sociologue Alain Erhenberg. C'est d'ailleurs cette multitude de choix qui nous déprime. Ce qui est moins déprimant, c'est qu'à ce sujet hommes et femmes sont égaux dans leur folie – excepté en ce qui concerne le syndrome Martha Stewart.
OÙ EST LE PRINCE CHARMANT?
Ce qu'on dit Il n'y a pas que l'amour dans la vie! Nous, on a besoin de faire carrière et d'avoir des projets personnels pour se réaliser.
Ce qu'on dit moins Imaginez trois filles discutant d'un sujet quelconque (les mensonges de George W. Bush, la réforme du système de santé, les décisions de Paul Martin). Arrive une quatrième comparse qui glisse dans la conversation qu'elle a rencontré «quelqu'un» lors du 5 à 7 de la veille. Devinez qui va monopoliser la conversation pendant les prochaines 48 heures: George W. Bush ou «quelqu'un»?
Les circonstances atténuantes Enfin une chercheuse – Nathalie Heinich – qui se penche sur nos errements carriéro-amoureux! Historiquement, c'est la première fois que les femmes occidentales ne se définissent plus en fonction de leur père ou de leur mari, soutient-elle. Or, «le modèle nouveau n'annule pas l'ancien [...], il se superpose à lui: nous le savons bien, nous toutes qui avons intériorisé à la fois le rêve du prince charmant et l'aspiration à l'indépendance», écrit-elle dans Les ambivalences de l'émancipation féminine. La voilà, la signification du fantasme de tout quitter pour suivre l'amoouur au fin fond du Dakota!




