Vous fuyez les centres commerciaux, supportez mal le parfum de vos collègues et n'endurez pas le bruit. Vous êtes peut-être hypersensible...
Sarah vient tout juste de déposer quatre cappuccinos fumants sur le comptoir de sa cuisine ensoleillée. Chaque jeudi matin, elle savoure ce rendez-vous avec des copines qui, comme elle, sont travailleuses autonomes. Mais aujourd'hui, Sarah grimace aussitôt après s'être trempé les lèvres dans la mousse. «Le lait est suri, non?» Ses amies jurent qu'elles ne goûtent rien d'anormal. «C'est toujours comme ça», me raconte après coup la comptable de 35 ans, exaspérée. «Je perçois des goûts, des odeurs ou des impressions que mon chum et mes amis ne détectent pas. J'ai une sensibilité à tout casser. Je ressens même l'humeur des gens dans le métro!»
Des sens aiguisés
Sarah a le profil type d'une personne hypersensible, conclurait certainement la psychologue et psychothérapeute américaine Elaine N. Aron, qui a signé un livre sur le sujet: Ces gens qui ont peur d'avoir peur - Mieux comprendre l'hypersensibilité (Les Éditions de l'Homme). Non pas qu'elle passe son temps à pleurer au cinéma, mais ses sens sont toujours en alerte. Comme l'explique l'auteure, «les hypersensibles perçoivent des nuances qui échappent aux autres».
Effectivement, les perceptions ultrafines de Sarah font d'elle la compagne toute désignée pour magasiner du vin ou un nouveau parfum. Pourtant, la principale intéressée voit son «don» comme une véritable calamité. «Mes sens ne me laissent aucun répit. C'est épuisant à la longue!»
À tel point qu'il y a cinq ans Sarah a choisi de quitter son emploi dans une grande firme comptable pour travailler à son compte, à la maison. Enfin, le calme! «J'avais du mal à supporter la cacophonie des conversations téléphoniques dans le bureau, le brouhaha à l'heure du lunch, le parfum trop sucré d'une collègue... J'arrivais à la maison totalement vidée.»




