Les conflits annoncent-ils la fin du couple? Au contraire, répondent les psys, ils permettent d'améliorer la relation.
LES CRISES ONT-ELLES DU BON?
Certains couples ne se disputent jamais. Un long fleuve tranquille. Ce genre de relation peut cacher quelque chose, prévient André Suprenant: «Certains évitent les conflits parce qu'ils ne partagent pas une réelle intimité. Ils préservent leur vulnérabilité. Le problème se présentera si l'un des deux ouvre son cœur à un autre partenaire.»
En fait, les affrontements gardent le couple vivant et permettent de salutaires ajustements. Ils sont autant d'occasions de faire évoluer notre relation, mais aussi notre vie intérieure. Car le couple est un système: les problèmes personnels ont une incidence sur la relation, et vice-versa. Dans son livre Avec psychologie, Rose-Marie Charest écrit: «Le couple est l'endroit où on rejoue nos premières relations affectives. S'éveilleront des blessures qu'on croyait cicatrisées, des manques qu'on croyait comblés.» Si on fantasme sur le conjoint idéal, on se condamne à papillonner d'un partenaire à l'autre une fois la lune de miel terminée, convaincus que «ce n'est pas le bon». Après des échecs répétés, certains auraient plutôt avantage à se regarder de plus près et à entreprendre, s'il le faut, une démarche personnelle. Car la bisbille sera de nouveau au rendez-vous, même avec un autre partenaire.
Contre toute attente, cette démarche peut se révéler extrêmement positive, explique la psychologue Catherine Favre au magazine Psychologies: «Au départ, les personnes viennent consulter avec le sentiment que la crise leur "tombe dessus". À ce moment-là, il leur est impossible d'accepter l'idée que cette situation puisse aussi être une occasion. Puis, peu à peu, au cours du travail psychothérapeutique, ils prennent conscience de leur part de responsabilité dans la genèse de la situation (conduites répétitives, stagnation...) et se réapproprient ainsi leur histoire. Il leur faut souvent remonter 15 ou 20 ans en arrière, et aborder parfois certains traumatismes de l'enfance, pour identifier les causes de ce qui leur arrive aujourd'hui. [...] Lorsqu'on traverse une crise, on a la possibilité de dénouer ce qui n'a pu être intégré lors de crises antérieures.» Et de conclure que les crises sont de «formidables occasions de croissance». À bon entendeur...
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC



