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Comment recevoir simplement?

C'est possible! C'est fou, mais on reçoit de moins en moins sa famille et ses amis... par manque de temps, d'argent, ou par peur de ne pas être à la hauteur. Comment recevoir avec plaisir?

Par
Manon Chevalier
(9 personnes)
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Comment recevoir simplement?

Mercredi, heure du lunch. L'envie vous prend, comme ça, de recevoir des amis à manger samedi soir. N'étant ni chef accomplie ni reine de la bonne franquette, vous vous engagez dans un véritable marathon. Voyons voir. D'abord, vous tentez de trouver le temps d'inviter vos amis aussi débordés que vous; puis, inspirée, vous élaborez un menu chic et décontracté qui ne soit pas la copie conforme de celui qu'un chef connu a proposé dans son dernier livre – l'idée étant de vous distinguer, tout de même! Et les courses? Vous les faites... à la course, sprintant entre la fruiterie, la boucherie, la fromagerie, la boulangerie et le méga-supermarché. Ouf! Un peu plus et vous alliez oublier le vin... et la limite de votre carte de crédit.

Vous vous apprêtez enfin à goûter au grand bonheur de cuisiner. Mais voilà, entre le stress de rater votre osso buco et le stress tout court – «Ai-je bien fait d'inviter Sophie à la même table que Léo?» –, votre extase culinaire risque davantage de ressembler à l'orgasme multiple dont tout le monde parle sans l'avoir vraiment vécu. Un scénario exagéré? À peine, tant nous sommes de plus en plus nombreuses à nous surmener, à repousser nos limites de temps et d'argent, bref, à nous demander l'impossible quand vient le moment de recevoir.

Pourquoi tant de stress? Comment en sommes-nous venues là? La faute à Martha Stewart? Aux chefs-stars qui ont contribué à la formidable ouverture du Québec aux plaisirs de la table et qui, du même coup, ont exalté notre désir tout neuf de recevoir avec style? Ou alors est-ce plutôt dû à nos angoisses profondes de ne pas être à la hauteur, de décevoir – ou pire, de ne pas être aimées? Toutes ces réponses sont bonnes. Ajoutons à ces facteurs notre réelle envie de combler nos invités et notre désir parfois inconscient de montrer notre savoir-faire ou notre bon goût, et voilà la pression qui monte!

Mais «on n'a vraiment pas besoin d'être parfaites pour recevoir! C'est une fausse perception», affirme Anne Gagné, une styliste culinaire réputée pour ses mises en scène de recettes pour les magazines et les livres de cuisine. «Le but, c'est de faire plaisir et d'avoir du plaisir. Ça n'a rien à voir avec la performance ou le nombre d'heures passées à cuisiner!» Ce constat lui vient d'ailleurs de sa propre expérience: «C'est en voyant partir mes amis, après un dîner réussi, que j'ai réalisé que j'étais passée à côté du moment, trop occupée à faire des allers-retours entre la cuisine et la salle à manger, au lieu de profiter de leur présence.» De quoi s'interroger sur notre tendance à en faire trop – une attitude qui, ironiquement, peut tourner en notre défaveur. Car à force de recevoir en mettant les petits plats dans les grands, on risque d'intimider nos proches, terrorisés à l'idée de ne pas être à la hauteur quand ce sera leur tour.

Le secret, en somme, c'est de simplifier l'approche. «Rien ne nous oblige à tout faire nous-mêmes ou à préparer des soupers à cinq services, rappelle Anne Gagné. Quand on est à court de temps, on opte pour un plat mijoté, qu'on prépare la veille. On évite aussi le traditionnel trio salade-fromage- dessert, souvent trop lourd à la fin d'un repas. Il vaut mieux choisir entre la salade et le fromage. Et au dessert, pourquoi ne pas servir un gâteau de notre pâtissier préféré?»

Enfin, si l'occasion s'y prête, on n'hésite pas à mettre nos proches à contribution en leur demandant d'apporter un plat, du vin, de s'occuper de la musique... L'idée étant, bien sûr, de nous simplifier la vie. Faute de quoi, à vouloir en faire trop, on finit par hésiter à lancer des invitations, ratant par la même occasion le bonheur d'ouvrir notre maison à ceux qu'on aime. Et nous privant ainsi du plaisir simple, mais plus que nécessaire, d'être ensemble. Avouez que ce serait dommage, non?

Photo: Liliboas

 

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