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Comment accepter son corps tel qu'il est?

Qu'elles soient grandes ou petites, minces ou rondes, musclées ou pas, les femmes ne sont jamais satisfaites de leur apparence. Pourquoi?

Par
Marie-Andrée Lamontagne
(11 personnes)
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Comment aimer son physique?
Jeune mère enthousiaste, Anne vit en paix avec son corps. Certains événements surviennent en effet dans la vie d'une femme et changent la perception qu'elle a de son corps. «Pour ma part, précise Anne, ç'a été la grossesse, dont je suis à peine sortie. J'étais bien alors dans mon corps, et je me trouve encore bien avec lui. La séduction est toujours présente, mais le bien-être est devenu important.»

Grossesse, distance par rapport aux diktats de la mode, écoute de soi: à chacune de trouver la manière d'aimer son corps. Mais les spécialistes sont unanimes: l'équilibre et le bien-être passent d'abord par une plus grande conscience de son corps, saisi dans sa réalité, et non dans le fantasme tel que le montrent le cinéma et la publicité. Julie Rivest est massothérapeute et voit chaque jour défiler toutes sortes de femmes. Certaines sont jolies et mal dans leur peau, et d'autres, qui ont subi l'ablation d'un sein par exemple, se présentent sans complexe.

La réalité du corps et la vision de soi empruntent souvent des chemins séparés. «Ce ne sont pas toutes les femmes qui ont une perception juste d'elles-mêmes, explique Julie Rivest. Pourtant, on ne peut avoir un rapport détendu avec son corps qu'à condition d'être réellement en contact avec lui.» Bref, se laisser toucher pour mieux se connaître.

«Il existe plusieurs façons d'appréhender le monde», renchérit Mylène Roy, chorégraphe, journaliste, et bientôt prof de yoga. «Moi, c'est par le corps. Je ressens un immense plaisir à bouger. Ainsi, quand je ne vais pas bien ou que je me sens vulnérable, j'ai l'impression de disparaître physiquement. C'est le signal de mon mal-être. Pour m'en sortir, je dois sentir de nouveau mon corps exister, mais cette fois de l'intérieur, ce que le yoga me permet précisément de faire.» Interrogée sur la façon de se réconcilier avec ce corps, elle répond: «Il faut bouger pour se sentir bien. Se constituer un bagage de sensations: sentir son corps dans le mouvement, entendre sa respiration, apprendre à toucher les êtres et les objets. Ce faisant, l'image idéalisée du corps devient insignifiante. Elle ne fait pas le poids.»

Et le regard des hommes? En définitive, n'est-ce pas aussi ce regard, surtout s'il est rempli de désir, qui nous fait nous sentir belles? L'écrivain français Richard Millet, qui accorde une place prépondérante aux femmes dans ses romans, le dit très bien: «Ne soyons pas naïfs, la beauté physique n'existe vraiment que sous l'oeil du désir. Elle a ensuite besoin d'être mise à l'épreuve de la parole, de l'échange, des situations amoureuses, d'un contexte qui la sert ou la dessert. Les femmes sont plus indulgentes pour les défauts physiques des hommes que le sont les hommes pour ceux des femmes. En revanche, elles sont impitoyables envers leur propre corps. Le regard n'est jamais juste en cette matière. Il est l'injustice même. Seul l'amour partagé le rend équitable.»

En somme, la situation peut paraître désespérée dans la solitude d'une cabine d'essayage, mais tout s'arrange à deux. Jean-François, dans la jeune cinquantaine, a sa petite idée sur la question: «Au fond, si tant de femmes semblent détester leur corps, c'est bien pour que les hommes prennent le relais et l'aiment pour deux», lance-t-il en boutade. Il suffisait d'y penser.

Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC

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