Notre chroniqueuse, Catherine Pogonat, suggère de déclarer janvier Mois de la paresse et des instants vides !
Je suis une adepte de la paresse. Je pratique l'art de la procrastination avec grâce. Je suis devenue accro à ces moments où il ne se passe rien, mais RIEN DU TOUT. À ces instants bénis où on sait que, bien sûr, on devrait s'activer, se dépêcher, courir, accomplir les millions de tâches qui s'accumulent sûrement quelque part sur une liste. À ces moments où, malgré tout, la force d'inertie gagne la bataille et nous oblige à tout arrêter.
Je me sentais comme ça ce matin. Dehors, la neige, le ciel gris, et pas âme qui vive dans les rues près de chez moi. Me vient cette furieuse envie d'être en congé, de rester couchée, de fixer le mur, de «laisser le bon temps rouler». Même si tout mon être me criait de rester totalement inerte, je me suis jetée sur mon clavier avec l'énergie du désespoir et j'ai décidé de vous raconter mon amour du ne-rien-faire- du-tout à la place. Après, quand j'aurai fini, je prendrai le temps de perdre mon temps.
La plupart des gens que je connais culpabilisent quand ils ne font rien. Ils se sentent mal, ont des fourmis dans les jambes, les doigts qui pianotent, la tête qui part en vrille. Pas moi. Je considère ces parcelles de néant comme des cadeaux, de petits dons du ciel, des instants volés où on n'est plus responsable du tout. La légèreté de la procrastination est une magnifique thérapie, un traitement antistress extrême, un antidépresseur sans effets secondaires.










