Après le lifting, la liposuccion du ventre, le remodelage du nez et les implants mammaires, la chirurgie esthétique s'intéresse maintenant au vagin. Nécessité ou bizarrerie?
L'influence de la porno
Le problème, c'est que les films et les magazines pornos ne se privent pas d'exhiber cette partie de l'anatomie. En se banalisant, la porno devient de plus en plus une référence en matière de beauté féminine et, pour plusieurs- hommes ou femmes, adultes ou adolescents -, la seule. Toutes ces vulves qui sont montrées sont cependant aussi stéréotypées que les seins, les fesses et les visages réputés jolis selon des critères pornographiques, assure Jocelyne Robert, sexologue et auteure de Le sexe en mal d'amour - De la révolution sexuelle à la régression érotique. «Maquillées, épilées, colorées, les vulves des actrices pornos ont perdu beaucoup de leur naturel et elles ont presque toutes des lèvres très petites, qui suggèrent la jeunesse, voire l'enfance», s'indigne-t-elle. Vouloir ressembler aux actrices pornos conduit donc à une impasse, que pourrait contourner la chirurgie esthétique génitale, pensent certaines femmes.
Il est certes légitime de vouloir être belle. Et de partout, pourquoi pas? À condition de ne pas oublier qu'il existe plusieurs façons d'être belle. Aussi, avant de permettre au chirurgien de jouer du bistouri ou du rayon laser dans cette partie intime du corps, voyons ce qu'il peut faire et quelles conséquences peuvent en découler.
La vaginoplastie, ou chirurgie plastique du vagin, comporte plusieurs types d'interventions, dont la plus radicale est la reconstruction du vagin. Celle-ci s'impose parfois après un accouchement particulièrement difficile; dans ce cas, c'est un acte médical qui relève de l'obstétrique et qui est pratiqué à l'hôpital. Avec l'âge ou après plusieurs accouchements, il arrive aussi que le vagin se distende et perde de sa sensibilité pendant la pénétration. Il ne s'agit alors pas de reconstruire le vagin, mais de le resserrer, en réduisant son diamètre et en redonnant du tonus aux muscles concernés. Comment? En traitant au laser la muqueuse du vagin, qui se contracte en se cicatrisant. Cette opération s'appelle la périnéorraphie, du nom du muscle relâché qui est en cause, le périnée.
L'intervention ne relève ni du domaine médical proprement dit, puisque la santé n'est pas compromise, ni de l'esthétique, puisque les résultats sont invisibles. Elle vise plutôt un confort sexuel accru, notamment en renforçant le muscle du périnée, qui est sollicité au moment de la pénétration. Coût de l'intervention, surtout pratiquée aux États-Unis: 4500 $ US. Effets secondaires possibles: sécheresse de la muqueuse, et parois du vagin qui restent parfois collées. Des volontaires?




