Certains célèbrent leur mariage... et d'autres leur divorce, avec champagne, faire-part et pièce montée.
Il était une fois une jolie New-Yorkaise qui rencontra un jeune homme charmant. Ils se marièrent, eurent deux adorables enfants et... divorcèrent. Au pays de l'Oncle Sam, princesses et princes charmants vieillissent de moins en moins ensemble puisqu'un mariage sur deux finit en rupture. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Qu'on se le dise, le business du divorce est des plus florissants. Désormais, toute une panoplie de ressources s'offre à un couple américain fraîchement séparé: s'abonner au magazine Divorce, se procurer un des 3000 ouvrages référencés sur la question, faire appel à un divorce coach, s'entretenir avec un expert-comptable spécialisé ou s'inscrire à des cours sur l'art de rompre dignement.
Le summum? Se payer un divorce party organisé par un divorce planner! Eh oui, la séparation vécue autrefois comme un échec honteux se transforme en un... événement festif. Stratégie marketing ou thérapie salvatrice? Une chose est sûre: le concept séduit de plus en plus de divorcés, pour le meilleur et pour le... pire.
Autres temps, autres mœurs
Après 12 ans de mariage, qui se sont soldés par 12 mois de médiation, Brenda a convié ses amis et sa famille à une soirée dans un petit bar branché de Manhattan. L'objectif: fêter son divorce. «Je voulais tourner la page et marquer le coup. Bref, célébrer ma nouvelle vie», confie la jeune femme de 39 ans sous une banderole portant l'inscription «Divorcée et heureuse». Il faut dire que, côté organisation, rien n'a été laissé au hasard. Au menu: cocktail marriage-on-the-rocks, gâteau coiffé d'un oiseau s'envolant hors d'une cage et bande sonore de circonstance – I Will Survive, de Gloria Gaynor, Go Your Own Way, de Fleetwood Mac, et D-I-V-O-R-C-E, de Tammy Wynette. Toute une ambiance!
Question ambiance justement, certains vont plus loin dans leur cérémonie. Les photos et le certificat de mariage sont passés à la moulinette, la robe de mariée est brûlée ou une poupée vaudou représentant l'ex est transpercée d'aiguilles... «Ce genre de rituels est trop négatif et revanchard», estime Charlotte Eulette, une célébrante qui propose des cérémonies de divorce plus spirituelles, ponctuées de poésie, de gestes symboliques et de déclarations solennelles, comme celle qu'elle a choisie pour elle-même. «Pendant ma soirée de divorce, en 2002, j'ai publiquement repris mon nom de jeune fille et reçu de ma mère une bague “de famille” pour combler le vide laissé par mon alliance.» Un jeu de symboles que certains imprègnent de religion. «À notre mariage, Alan avait brisé un verre avec le pied, comme le veut la tradition juive. Durant sa cérémonie de divorce, il a souhaité recoller les morceaux», témoigne Charlotte.
Si on ne peut s'offrir les services d'un divorce planner ou d'un maître de cérémonie (de 400 $ US à 1000 $ US), on peut toujours consulter le guide How to Throw a Divorce or Breakup Party (Comment réussir sa fête de rupture). Une mine de renseignements, recueillis par Christine Gallagher, qui a fait un tabac en 2003. Autre piste, foncer chez la pâtissière new-yorkaise Sylvia Weinstock. Réputée pour ses gâteaux de mariage, celle-ci confectionne sur demande des gâteaux de rupture et autres pièces «démontées» mémorables. Sur www.plumparty.com, on peut aussi se procurer, en quelques clics, des gadgets farfelus comme des assiettes en carton qui portent l'inscription Single again! (de nouveau célibataire!), accompagnées de serviettes en papier «No men? Amen!» ou mieux, une piñata en forme de pénis! Enfin, quelques sites proposent des idées de cadeaux d'un goût moins douteux, tels que des chocolats, des cartes de souhaits, des peluches, des bouquets de fleurs et des bijoux. Dernière consolation: on lit les annonces de rupture de célébrités ou de parfaits inconnus sur www.breakupnews.com. Elles sont à mourir de rire!




