Les femmes sont plus conservatrices que les hommes avec leur bas de laine. Et au boulot? Elles le sont tout autant. Pas de gaspillage avec les patronnes!
ET LES INVESTISSEUSES PROFESSIONNELLES?
Les femmes ont tendance à être plus conservatrices dans la gestion de leurs finances personnelles. Mais qu'en est-il des investisseuses professionnelles dans leur travail?
Robert A. Olsen, professeur émérite en finance de la California State University et chercheur chez Decision Research, centre de recherche sans but lucratif basé en Oregon, a étudié leur comportement, notamment dans une étude publiée en 2001 dans le Journal of Psychology and Financial Markets. «Face à un même client, les conseillers financiers, hommes et femmes, suggèrent des investissements presque identiques», indique-t-il. C'est encore plus vrai chez les gestionnaires de fonds, qui doivent respecter les politiques d'investissement de leur organisation. «Les investisseurs, hommes et femmes, ont étudié dans les mêmes écoles et ont recours aux mêmes outils d'analyse», rappelle-t-il.
Il n'empêche que les conseillères financières évitent un peu plus le risque que leurs collègues masculins, selon lui. Elles ne cherchent pas à faire de «grands coups» qui ont de petites chances de rapporter gros. «Elles fixent, en général, des objectifs de rendement qui répondent à leurs besoins, mais qui sont plus modestes.» Alors, un conseiller financier ou une conseillère? À compétence et expérience égales, Robert A. Olsen choisit une femme. «Elles ont une meilleure écoute que les hommes. Elles prennent le temps de vraiment comprendre notre situation et nos besoins.»
DE BONNES NÉGOCIATRICES...
Pour les autres! En 2005, le Journal of Personality and Social Psychology publiait les résultats d'une étude au cours de laquelle 170 gestionnaires des secteurs public et privé (dont 50 femmes) avaient été invités à participer à un jeu de rôle. Chacun d'eux devait négocier, avec un vis-à-vis homme, une augmentation de salaire d'abord pour lui-même – à titre de candidat à un poste –, puis pour un hypothétique protégé – à titre de mentor.
Résultat?
En moyenne, les participantes ont obtenu pour leur protégé un salaire 18 % plus élevé que le leur! Dans le cas des participants masculins, la différence était de moins de 0,5 %. «Qu'une femme soit inefficace pour négocier son salaire ne signifie pas qu'elle le sera pour défendre l'enveloppe budgétaire de son service», souligne Hannah Riley Bowles, co-auteure de l'étude et professeure associée à la Harvard Kennedy School. Selon elle, les femmes ont tendance à sous-estimer leurs mérites, mais pas ceux des autres. De plus, elles savent qu'elles devront payer le prix de leur négociation pour elles-mêmes. «Les recruteurs, en particulier les hommes, considèrent les candidates à un emploi qui revendiquent une hausse salariale comme non féminines et non “attirantes”». Mais une femme qui monte au front pour ses protégés, ça, c'est maternel!
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC




