Les femmes sont plus conservatrices que les hommes avec leur bas de laine. Et au boulot? Elles le sont tout autant. Pas de gaspillage avec les patronnes!
Allergiques au risque, les femmes gestionnaires? Les principales intéressées s'en défendent. Elles prennent des risques «calculés». Avant d'investir dans un projet, elles l'analysent en profondeur. «Les femmes s'occupent plus des détails», indique Monique Jérôme-Forget, qui croit que les hommes ont plutôt le fameux «syndrome de la pépine», tant ils sont «impatients de voir un trou, une pelle mécanique».
Comptable agréée, Anne-Marie Hubert est, à 44 ans, associée chez Ernst & Young, où elle a la responsabilité de quelque 350 employés. Selon elle, les femmes gestionnaires n'ont pas le choix d'étoffer leurs dossiers. Les données de Statistique Canada indiquent en effet qu'elles ne comptent que pour environ 25 % des cadres supérieurs et 38 % des directeurs au pays. «Elles doivent encore faire leurs preuves, dit-elle. Elles doivent mieux se préparer que les hommes pour convaincre leur supérieur de faire un investissement ou de pénétrer de nouveaux marchés. Et si elles n'atteignent pas leur but, elles devront se justifier davantage.» Reste que cette rigueur les conforte et les sécurise elles aussi, d'après la coach Claudine Bergeron. «Elles n'aiment pas être prises en défaut. Elles veulent exceller chaque jour.»
Elles sont d'ailleurs un modèle de transparence avec leur compte de dépenses: «Elles ne réclament jamais un repas qui n'est pas totalement lié au travail, contrairement aux hommes», soutient Myriam Germain. La discipline qu'elles s'imposent vaut aussi pour les autres. «Elles examinent rapidement chaque dépense [avant d'autoriser son remboursement]», poursuit l'adjointe. Carole Gagnon, elle, trouve que les femmes sont un peu trop «sérieuses». Elles pourraient se permettre de l'être moins, à son avis. «Elles n'ont plus besoin de se demander si elles sont à la hauteur. Elles peuvent maintenant apprendre à jouer.» Comme les gars!



