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"Cheappettes", les femmes gestionnaires?

Les femmes sont plus conservatrices que les hommes avec leur bas de laine. Et au boulot? Elles le sont tout autant. Pas de gaspillage avec les patronnes!

Par
Marie-Ève Cousineau
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DE BONNES MAMANS
Membre du conseil d'administration de l'Association des femmes en finance du Québec, Carole Gagnon, 45 ans, deux enfants, se décrit comme une «fille-gars». Elle a toujours travaillé dans des milieux masculins, sans compter qu'elle a été élevée avec trois frères. En 2001, malgré son divorce récent, elle fonde 4 C Vision marketing, firme spécialisée en redressement d'entreprise. «Ç'a été le plus grand risque financier de ma vie», nous confie-t-elle. Comme bien des entrepreneures, Carole Gagnon n'a pas emprunté un sou pour se lancer en affaires. Elle croit que le gène «prudence» est inscrit sur le chromosome féminin: «Nous avons un rôle de préservation de la race humaine. Nous gérons nos entreprises comme de bonnes mères de famille.» Elle le constate d'ailleurs dans son travail: «Les femmes dressent des budgets réalistes. Les hommes sont beaucoup plus optimistes dans la projection de leurs ventes.»

La chercheure féministe Hélène Lee-Gosselin ne croit pas à cette théorie génétique. L'attitude de bonne maman, elle l'explique uniquement par la socialisation des filles: «Dans notre société, prodiguer des soins est une job de femmes, dit-elle. Les garçons ont été conditionnés à prendre des risques, à être audacieux et à faire des sports extrêmes. D'ailleurs, le taux de faillite des hommes est bien supérieur à celui des femmes.» Sauf que, selon une étude canadienne récente, les compagnies des femmes sont plus petites, moins rentables et moins susceptibles de croître.

LE MANQUE DE CONFIANCE
Coach chez CDC Coaching et ancienne vice-présidente du financement corporatif à la Caisse de dépôt et placement du Québec, Lucie Rousseau le reconnaît: à ses débuts comme cadre intermédiaire, elle faisait attention à son compte de dépenses. Elle tentait aussi de faire des économies sur son enveloppe budgétaire. «Je voulais plaire à mon patron, explique-t-elle. Mes collègues gars, eux, s'en fichaient. En six mois, ils avaient dépensé tout le budget destiné aux sorties.» Elle a rapidement compris les règles du jeu: on couperait son budget si elle ne l'utilisait pas entièrement. Selon elle, les cadres supérieures dépensent tout autant que leurs collègues masculins. «Rendues à ce niveau, elles savent que si elles veulent grimper dans l'organisation, elles doivent se battre pour avoir plus d'argent. Elles auront plus de ressources pour leur service.»

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