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"Cheappettes", les femmes gestionnaires?

Les femmes sont plus conservatrices que les hommes avec leur bas de laine. Et au boulot? Elles le sont tout autant. Pas de gaspillage avec les patronnes!

Par
Marie-Ève Cousineau
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«Elles suivent de près le budget et se gardent un coussin financier», remarque Mireille, 49 ans, adjointe administrative, qui a notamment travaillé dans le secteur manufacturier et en communication. Cette façon de faire est positive, selon elle. «Elles ont ainsi une marge de manoeuvre et peuvent financer des projets imprévus», fait-elle valoir.

Les entrepreneures agissent aussi de cette manière. Pas de dépenses extravagantes! «Elles démarrent leur entreprise plus souvent qu'autrement dans leur sous-sol, leur salon ou leur garage», précise Hélène Lee-Gosselin, professeure au département de management de l'Université Laval. «Lorsqu'elles louent un local, elles sont portées à acheter des meubles usagés ou à recycler du matériel.» Pour épargner des sous, elles vont jusqu'à faire «des économies de bouts de chandelle», fait remarquer Léna St-Pierre, directrice générale de la Société d'aide au développement des collectivités de la Haute-Côte-Nord, qui soutient notamment les entreprises en démarrage. «Du moins, c'est ce que j'observe en milieu rural, précise-t-elle. Elles essaient de tout faire par elles-mêmes plutôt que d'embaucher des gens.»

Ces messieurs, eux, dépensent: un mobilier neuf, de la publicité dans les journaux, une partie de golf avec un futur client... On peut bien s'endetter un peu! «Un homme est prêt à hypothéquer sa maison familiale pour lancer une entreprise», dit Nicole Beaudoin, présidente-directrice générale du Réseau des femmes d'affaires du Québec, une organisation privée. «Il se dit qu'il va réussir. Et qu'il en achètera une plus grosse!» Une femme, mettre en péril le nid familial? Difficile à imaginer. Les entrepreneures ont moins recours aux institutions financières que leurs pairs masculins, empruntent des sommes moindres et ne font presque pas appel au capital de risque, affirme Hélène Lee-Gosselin. Il faut dire qu'elles oeuvrent surtout dans les secteurs des services et du commerce de détail, qui nécessitent moins de capitaux que l'industrie lourde, par exemple.

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