Un diagnostic de cancer ne bouleverse pas seulement la vie du malade. Celle des proches se trouve aussi affectée. Comment arriver à surmonter cette épreuve?
Les vertus du rire
Pour préserver le moral des malades et de leurs proches, l'humour est aussi une arme très efficace, affirment ceux qui se sont confiés à nous. «La première fois que François m'a vue la tête rasée, se souvient Louise, il m'a saluée en disant: “Bonjour E.T.!” Nous nous sommes tous les deux mis à rire comme des fous!»
«Diane a éclaté en sanglots lorsque la radio-oncologue lui a appris que l'irradiation de ses yeux risquait de lui faire perdre ses cils ainsi que ses sourcils, écrit Pierre Monette dans son journal. Le moindre imprévu a le poids d'une catastrophe. Tandis qu'elle séchait ses dernières larmes, la doc lui a dit qu'il faudrait commencer le traitement au plus tôt, dès demain, si possible. Ça tombe bien, a répondu Diane en finissant par sourire: j'avais justement rendez-vous chez mon esthéticienne pour une épilation!»
L'humour, oui, mais pas un optimisme aveugle. «Répéter à quelqu'un qu'il va s'en sortir est souvent une façon de faire du déni, soutient la psychologue Valérie Legendre. La personne malade a besoin de sentir qu'elle peut compter sur un proche pour pouvoir se confier et pour avoir une opinion réaliste. L'autre devient un reflet de la réalité.»
Parlant de déni, Sylvie Desrosiers, qui a survécu il y a trois ans à un cancer du sein et qui raconte son expérience dans Le jeu de l'oie – Petite histoire vraie d'un cancer (La courte échelle), confie qu'elle aurait voulu qu'on lui parle plus souvent de l'épreuve qu'elle subissait. «J'aurais aimé que quelqu'un, une fois de temps en temps, me demande tout simplement comment j'allais, dit-elle. Juste ça: “Comment ça va?” Mais les gens n'osaient pas, comme s'ils avaient peur de rouvrir la plaie. Encore aujourd'hui, trois ans après, ils craignent de réveiller de mauvais souvenirs. Mais on n'oublie pas une expérience pareille!»
«J'ai une soeur qui a eu elle aussi un cancer du sein, raconte Louise. Elle a été formidable avec moi. Elle m'expliquait toutes les étapes par lesquelles j'allais passer, me conseillait, me donnait des renseignements que les médecins avaient omis de mentionner. Mon autre soeur ne m'a presque pas parlé; même maintenant, elle semble éviter le sujet. Et je suis certaine que c'est parce qu'elle se sait elle aussi “à risque”. La maladie lui fait trop peur.» N'est-ce pas notre cas à toutes et à tous?
Où obtenir de l'aide?
Article publié originalement dans le magazine ELLE QUÉBEC
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