Un diagnostic de cancer ne bouleverse pas seulement la vie du malade. Celle des proches se trouve aussi affectée. Comment arriver à surmonter cette épreuve?
Les apprentis guérisseurs
Pour le Dr David Spiegel, psychiatre américain invité l'automne dernier à prononcer une conférence sur le cancer et le stress à l'occasion des Belles soirées de l'Université de Montréal, «le sentiment d'impuissance est pire que la peur et la douleur». Et c'est vrai pour les malades autant que pour ceux qui les entourent. Devant la maladie et la mort, on se sent démuni. Il est donc tentant, pour déjouer son sentiment d'impuissance, de s'improviser médecin. «Les proches devraient éviter ce genre de comportement, commente le Dr Marc Lalancette, hémato-oncologue à L'Hôtel-Dieu de Québec. Se documenter sur une maladie, c'est très sain, mais essayer de trouver une cure lorsqu'il n'y en a pas, ça n'a rien de constructif.»
«Parce que c'est son domaine et son métier, mon chum aurait aimé que j'aie recours aux médecines douces, raconte Louise à ce sujet. Pour moi, il n'en était pas question. J'étais en plein traitement de chimiothérapie, j'avais des ulcères dans la bouche et des nausées insupportables; je regardais sa petite fiole contenant du cartilage de requin et mon coeur se soulevait. Je n'arrivais pas à l'avaler!»
«Je vois souvent l'entourage des malades naviguer sur Internet pendant des jours en espérant trouver une recette miracle, affirme le Dr Lalancette. La plupart du temps, ça perturbe les patients.» «C'est très insécurisant pour la personne malade, renchérit la psychologue Valérie Legendre. Elle sera moins encline à participer à son traitement si ses proches “magasinent” des soins ou dénigrent la qualité de ceux qu'elle reçoit. Or, pour être capable de passer à travers tout le processus médical, le malade a besoin de faire confiance à l'équipe soignante.»




