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Cancer: quand un proche est atteint

Un diagnostic de cancer ne bouleverse pas seulement la vie du malade. Celle des proches se trouve aussi affectée. Comment arriver à surmonter cette épreuve?

Par
Marie-Claude Fortin
(2 personnes)
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Comment faire face?
Pour survivre à cette épreuve, il est essentiel que la personne qui accompagne un être souffrant se ménage des moments à elle pour faire le point, conseille Valérie Legendre, psychologue qui a fait partie du programme d'oncologie de l'hôpital Sainte-Justine. Pierre Monette a trouvé une bouée de sauvetage dans l'écriture. «La plupart des gens font quelque chose de leur vie, je voudrais faire quelque chose de sa mort», note-t-il dans ce journal.

Partager ses émotions, sa peine et sa peur avec quelqu'un de l'entourage capable de comprendre et d'accepter ce qu'on ressent est une autre bonne façon de prendre du recul par rapport aux événements, ajoute la psychologue. Pour Nancy, 36 ans, qui a accueilli sa sœur aînée chez elle jusqu'à sa mort, cette âme secourable a pris les traits de Doris, une amie que la famille avait un peu perdu de vue.

«Le jour de ses 40 ans, ma soeur Jacqueline a appris qu'elle avait un cancer du poumon, relate Nancy. Elle était en Floride, elle devait se marier. Il a fallu qu'elle revienne au pays sans délai, les frais médicaux aux États-Unis étant exorbitants. Quand j'ai décidé de la prendre en charge, avoue-t-elle, je ne savais pas du tout dans quoi je m'embarquais. Les médecins ne pouvaient l'opérer, il était trop tard. Tout ce qu'on pouvait faire, c'était soulager ses souffrances. Au début, ça allait. Puis elle a fait une thrombose le jour de l'anniversaire de ma plus jeune fille. À 7 h 45 le matin, j'ai tout annulé: la fête, les invités... On a appelé l'ambulance.

Ensuite, c'est devenu un cauchemar. J'étais submergée par le travail, les enfants, mon commerce, les 14 médicaments que Jacqueline devait prendre chaque jour, les complications, les réveils en pleine nuit. Je n'étais plus capable de la voir dépérir. Elle crachait, vomissait, toussait. Il fallait vraiment avoir le coeur solide. Ma mère n'avait pas la force de s'en occuper et mes frères ne savaient pas quoi faire. Ma benjamine a dû suivre une thérapie pour affronter ça.»

C'est alors que Doris est entrée en scène. «Elle est devenue mon ange gardien, raconte Nancy. Quand elle a su que Jacqueline était mourante, elle m'a offert de prendre le relais deux ou trois jours par semaine. Elle l'accompagnait à l'hôpital, nous faisait des comptes rendus détaillés des rencontres avec les médecins, s'occupait de tout. Sans elle, il m'aurait été impossible de traverser cette épreuve. D'autant plus que ma soeur refusait de parler de sa maladie ou de l'éventualité de sa mort. Je devais tout garder pour moi.»

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