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Avez-vous des secrets de famille?

Vous pensez tout savoir sur votre famille? Rien n'est moins sûr... les secrets, les non-dits et les tabous sont plutôt monnaie courante de nos jours.

Par
Hélène Bélanger-Martin
(1 personne)
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Avez-vous des secrets de famille?

FAUT-IL TOUT DIRE? Toute vérité ne serait pas nécessairement bonne à dire... Et bien que les librairies regorgent de livres de psycho vantant les mérites de la communication et l'importance de dire, de parler, de nommer, les spécialistes mettent en garde contre cette culture du «tout dire». Dévoiler trop de secrets, ça peut être très néfaste...
La psychanalyste Reine-Marie Bergeron affirme qu'elle rencontre régulièrement des enfants et des adolescents très confus parce qu'ils sont incapables de gérer les histoires de famille. «Un enfant n'a pas à savoir que sa mère est une danseuse ou que son père vend de la drogue, s'indigne-t-elle. Pas plus qu'il n'a à connaître la sexualité de ses parents. Avant de dévoiler un secret de famille, il faut attendre que l'enfant soit prêt à l'entendre et s'assurer que cette vérité ne provoquera pas de déséquilibre psychologique chez lui.»
Il existerait donc de bons et de mauvais secrets? «Absolument, affirme la travailleuse sociale Lise Langlois. Tout le monde a droit à sa vie privée. Chacun d'entre nous a son jardin secret, et c'est très bien ainsi. Un secret devient malsain lorsqu'il empêche quelqu'un d'autre de s'épanouir. La question à se poser est la suivante: “Si je ne dis pas ce que je sais, est-ce que je cause du tort à quelqu'un?” Si la réponse est oui, nous sommes en présence d'un secret malsain.»
À ce titre, les spécialistes interrogés s'entendent pour dire que le meilleur exemple de «mauvais» secret est de cacher ses origines à un enfant. Lorsqu'il est privé de son histoire, celui-ci éprouve souvent de la difficulté à se construire, un peu comme un arbre sans racines. Nous avons tous besoin de savoir d'où nous venons pour comprendre où nous allons. Reine- Marie Bergeron insiste: «Il faut le dire le plus rapidement possible à l'enfant, dès qu'il a quatre ou cinq ans. On peut commencer par de petites histoires, par exemple celle du poussin adopté par la famille lapin. Il ne reste plus qu'à ajouter – “pour toi aussi, c'est ce qui s'est passé”.»

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