Trop gros, trop mou, pas assez lisse... notre corps est devenu une source de souffrance permanente et un projet de transformation sans fin. C’est ce que dénonce la célèbre psychothérapeute anglaise Susie Orbach.
Ce modèle unique, après lequel tout le monde court, c’est celui de l’archétype hollywoodien: un corps mince, musclé – avec des seins plantureux pour les femmes et des pectoraux béton pour les hommes –, et éternellement jeune et en forme. C’est surtout l’image d’une perfection impossible à atteindre, car elle est irréelle. En effet, seules 5 % des femmes ont la morphologie naturelle des mannequins, et les photos publicitaires sont pour la plupart retouchées par ordinateur. Ce sont cependant ces images irréelles que véhiculent sans cesse toutes les tribunes – publicitaires, télévisuelles, virtuelles, etc.
«Ce qui est triste, c’est que l’Occident exporte de façon éhontée ce modèle unique de beauté et que des millions de femmes de différents pays veulent aujourd’hui s’y conformer», constate Susie Orbach. Résultat: on assiste à une épidémie foudroyante de chirurgies plastiques partout sur la planète. Ainsi, les Chinoises font allonger leurs jambes de 10 cm, les Coréennes du Nord font débrider leurs paupières et des milliers d’Iraniennes font refaire leur nez pour ressembler à leurs idoles américaines. La généralisation d’un inconfort, voire d’une haine du corps, s’étend maintenant à la planète entière.



