Psycho
17 déc. 2010

Quatre raisons d'aimer Noël

Par Chantal Tellier

Soledad Auteur : Elle Québec Crédits : Soledad

Psycho
17 déc. 2010

Quatre raisons d'aimer Noël

Par Chantal Tellier
Je peux afficher sans sourciller mon intérêt pour la chick lit. Je peux aussi confesser sans rougir mon penchant pour les comédies sentimentales sirupeuses ou la dernière production mettant en vedette Rocco Siffredi. Mais quand vient le temps d'avouer mon amour pour Noël, j'ai de la difficulté à sortir du grenier. De nos jours, dire qu'on affectionne cette fête, c'est presque aussi honteux que de déclarer qu'on est polyamoureux. (Non, chéri, nous ne le sommes PAS.) Mais voilà, aujourd'hui je fais mon coming-out: j'aime Noël. Profondément. Je vous explique.

 

1. Le magasinage de Noël

La folle qui promène un sourire niais dans les centres commerciaux bondés en plein mois de décembre, c'est moi. Celle qui se retient à deux mains jusqu'au 1er décembre - il en va de son couple - de mettre de la musique de Noël, c'est encore moi. Celle qui dès l'arrivée de l'automne se met à rêver du sapin qui va trôner dans le salon, c'est toujours moi. Et celle qui, au désespoir de son chum, ne se résout jamais à mettre ledit sapin au recyclage avant la date ultime fixée par la Ville - fin janvier -, c'est encore moi. Je suis une irréductible. Une vraie.

 

2. La folie des emballages de Noël

Je me transforme même en Martha Stewart pour l'occasion. Non, je ne reçois pas 22 convives pour un repas cinq services préparé de mes mains. Hé! ho! Ce n'est pas parce que c'est Noël qu'il faut croire aux miracles! Je sais à peine faire cuire un oeuf. Non, mon côté Martha Stewart ressort dans l'emballage de cadeaux. Je peux passer près d'une heure à choisir trois rouleaux de papier dont les multiples couleurs s'agencent. Je sais, ce n'est pas très écologique, mais le papier brun recyclé agrémenté de quelques brins de raphia, ça me déprime. Je passe une demi-heure à choisir les bonnes étiquettes, et je fais au moins trois magasins pour trouver les plus belles cartes de Noël. Oui, j'envoie encore des cartes de Noël par la poste. (Soupir) Je SAIS, ce n'est pas très écologique... Je me souviens d'une année où j'étais folle de joie d'avoir trouvé ze cartes avant de m'apercevoir que la pensée écrite à l'intérieur était en anglais. Argh! Mais elles étaient si jolies que je n'avais pu me résoudre à en changer. J'avais donc gommé l'inscription au ruban correcteur avant d'y inscrire mes voeux. Ce n'était sans doute pas du plus bel effet mais, comme on dit, c'est l'intention qui compte, non?

Et puis, peut-on rêver de plus beau moment que celui où on s'installe devant le sapin un verre de vin à la main? Où on écoute des chansons de Noël fredonnées par Bing Crosby, Mario Pelchat, Fernand Gignac et les Disciples de Massenet? (Peut-être devrais-je offrir des boules Quiès à mon chum cette année?) Tout ça en écrivant des cartes de souhaits et en emballant des cadeaux, en compagnie de ses deux chats portant fièrement au cou (bon, pas si fièrement que ça) un foulard orné d'une image de Rudolph ou de la fée des étoiles?

3. Le sapin et les décorations de Noël

Il faut dire que j'ai de qui tenir. Quand mon père sort ses décorations de Noël, yeux sensibles s'abstenir! Le sapin, artificiel (habitant à la campagne, entouré d'arbres, mon père ne comprend rien à la joie absurde que je ressens à l'idée d'avoir un vrai sapin chez moi), est décoré de la même façon depuis des lustres. Mais le village que mon père installe au pied du sapin, quelle merveille! (Bon, d'accord, ma mère n'est pas de cet avis.) On y trouve les rois mages et la crèche qui a perdu son petit Jésus en cire le jour où le chien l'a mangé, mais qui a été remplacé depuis. On y trouve aussi des maisonnettes kitch achetées au magasin à un dollar, des petites voitures et des camions Tonka avec de la ouate dans leur benne, «parce qu'ils doivent enlever la neige pour que le père Noël puisse se frayer un chemin jusqu'aux maisons», dixit mon père (c'est toujours à ce moment-là que ma mère lève les yeux au ciel, découragée), et une ménagerie improbable composée d'un boeuf, d'un âne, de moutons, de chameaux et de... pingouins.

Sans oublier, sortis pour l'occasion, les serviettes de Noël dans la salle de bains, les napkins et les tasses à l'effigie du père Noël, les bougies rouges et vertes, le renne illuminé à l'extérieur et la couronne à la porte, bref, la totale. Et, près du sapin, une myriade de cadeaux. Une année, il y en avait tellement qu'il était impossible de se mouvoir dans le salon! On a donc décidé le Noël suivant de faire une pige. Résultat? On a bien dû passer de 80 à... 78 cadeaux. Je sais, quel mauvais exemple en cette ère où on devrait privilégier la simplicité volontaire, et patati! et patata! C'est vrai, je n'ai sans doute pas besoin du pyjama en flanelle orné d'oursons que m'offrira ma mère cette année encore. Mais je sais que j'aurai les larmes aux yeux en le déballant. Parce que c'est sa façon à elle de me dire qu'elle m'aime.

4. L'esprit de famille

L'arrivée à la maison familiale le 24 décembre, la découverte de l'espèce animalière que mon père aura ajoutée à son village (je penche pour le kangourou cette année), le plaisir de faire un «tour de machine» avec mes parents dans le petit rang de campagne où j'ai grandi pour admirer les décorations de Noël font partie des moments heureux qui ponctuent cette période de l'année.

Il n'en a pas toujours été ainsi. S'il est facile d'aimer Noël quand on est enfant, il n'en est pas de même plus tard. L'âge adulte transporte avec lui son traîneau de désillusions. Mes fantasmes de famille parfaite à la Von Trapp se sont heurtés à la dure réalité. Les tensions et les non-dits ne disparaissent pas simplement parce que Noël est censé être la fête de l'amour et du partage, et j'appréhendais à une époque de me retrouver parmi les miens. Et puis j'ai vieilli. J'ai vu mes parents vieillir. Je me suis rendu compte que les Noëls ne sont pas éternels. Et que ma famille, aussi imparfaite soit-elle, était la mienne. Depuis, malgré mon père qui grommelle devant l'amoncellement de cadeaux ou ma mère qui refuse obstinément de se servir du lave-vaisselle même si on est une dizaine pour le repas, je savoure chaque seconde passée en leur compagnie à l'occasion de cette fête. C'est la grâce que je vous souhaite aussi avec vos proches.

 

À DÉCOUVRIR: Notre guide cadeaux de Noël 2010

 

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