Psycho

Elles ont osé changer: témoignages

Soledad Auteur : Elle Québec Crédits : Soledad

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Elles ont osé changer: témoignages

«Le sport m'a donné confiance en mon corps.»

Marie-Suzanne, 44 ans, éditrice

«J'ai toujours été nulle en sport. Pas étonnant que, lorsqu'un collègue m'a invitée à faire partie d'une équipe d'ultimate frisbee il y a 11 ans, j'aie refusé catégoriquement. À force d'être harcelée, j'ai fini par accepter. À ma première pratique, je courais dans tous les sens avec l'agilité de Yogi l'ours! Curieusement, j'ai continué à me rendre aux joutes, car j'aimais beaucoup les valeurs de respect qui unissaient l'équipe. Cela dit, après un an de jeu lamentable, j'ai décidé de ne pas revenir la saison suivante. J'ai alors reçu un vibrant message d'un coéquipier, un joueur de haut niveau, me disant de "ne pas lâcher, que gagner n'a pas tant d'importance". Son mot m'a émue aux larmes. J'ai donc eu envie de faire un effort: je me suis inscrite au gym pour améliorer ma forme physique. Je ne suis jamais devenue une super-joueuse, mais à la troisième saison, j'ai commencé à courir plus vite et à m'amuser. Et le résultat de cet effort a largement dépassé mes attentes: après n'avoir rien fait d'autre que travailler pendant des années, j'ai enfin appris à avoir du plaisir en bougeant et, surtout, à faire confiance à mon corps pour une fois dans ma vie!

Depuis, je suis devenue très active. Je fais du ski alpin, de la randonnée en montagne, du ski de fond; je me sens plus énergique que jamais! Je pense qu'on a toutes un fantasme. Si on n'ose pas, c'est par peur. Tout ce qu'il faut, c'est faire un premier pas. Car bien souvent, le deuxième et le troisième pas nous entraînent dans la bonne direction!»

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«Je me suis libérée de ma formation classique.»

Julie, 44 ans, compositrice et peintre

«Quand, en 2001, j'ai pris la décision de faire quelque chose pour moi, j'étais loin de me douter de l'impact que ça aurait sur ma vie. À l'époque, j'étais brisée à cause du décès de mon père, de l'achèvement d'un important projet musical et d'une dépression. J'avais un urgent besoin de créer, de sortir du carcan de ma formation de pianiste classique... et de ma tête. Je me suis donc tournée vers la peinture afin d'apprendre à m'exprimer librement, puis j'ai fait un stage d'improvisation musicale, qui m'a permis d'aller à la rencontre de celle que je suis vraiment, au-delà des strictes attentes scolaires. L'exercice a été éclairant. J'ai continué à peindre, j'ai fait quelques expositions. Puis, une rencontre m'a amenée à suivre des cours de composition musicale. Comme on disait ma musique "très imagée", j'ai commencé à croire en mon potentiel, mais j'ai aussi vite compris que je n'arriverais pas à composer seule. J'ai donc pris la décision de décrocher une maîtrise en musique de film.

Ouf! Pas facile de retourner à l'université à 42 ans! Et de surmonter ses blocages, comme ceux causés par l'âge et l'adaptation aux nouvelles technologies. Sans compter les cours préparatoires, la perte de revenus, l'utilisation de toutes mes économies... et l'humilité que ça demande. Par moments, j'ai vécu ça comme un retour en arrière, c'est sûr. Ce qui m'a sauvée, c'est le plaisir d'apprendre à composer et le sentiment d'avoir trouvé ma place! Résultat: non seulement j'ai obtenu ma maîtrise, mais je suis devenue une compositrice à part entière!»

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«J'ai fini de vivre dans l'ombre de mon chum!»

Kim, 28 ans, caissière

«Le jour où j'ai débarqué toute seule à Istanbul, sac au dos, j'ai poussé un cri de victoire! À 26 ans, j'étais enfin libre de faire ce qui me tentait, moi! Je récoltais les fruits d'une année de thérapie, qui m'a permis de me retrouver. C'est triste à dire, mais avant ça, je ne me sentais exister que lorsque j'étais dans une relation. Dès que mon amoureux me souriait ou exprimait son désir pour moi, je me sentais vivante. Mais s'il me négligeait ou me faisait le moindre reproche, je me mettais à douter de moi, pire, je m'effondrais. Ce qui me poussait à en faire encore plus pour me revaloriser et me sentir aimée. C'était l'enfer!

Assez ironiquement, j'ai eu le déclic le jour où mon chum m'a quittée: il n'en pouvait plus de ma dépendance. Grâce à la thérapie, j'ai compris que j'avais un immense désir de plaire pour me sentir aimée, mais que, en même temps, ce désir m'éloignait de celle que je suis vraiment. Depuis, j'ai découvert mes besoins et je les respecte. J'ai plein de projets qui me ressemblent, comme voyager, apprendre l'espagnol et conduire une moto. J'ai fini de vivre dans l'ombre d'un amoureux. Je vis ma vie!»

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