Psycho
16 juil. 2013

Au secours, ma copine parle trop!

Par Manon Chevalier

AGATHE BB Auteur : Elle Québec Crédits : AGATHE BB

Psycho
16 juil. 2013

Au secours, ma copine parle trop!

Par Manon Chevalier

«Ouf! Ma sœur parle tellement qu'elle m'étourdit!» me lance mon amie Maude, qui vient de raccrocher après une heure de conversation (à sens unique) d'une absolue futilité. Même exaspération chez Anissa, épuisée par la logorrhée (terme savant et poli pour designer l'incontinence verbale) de sa bonne copine durant tout le lunch: «Pas moyen de placer un mot avec elle! Ça me tue!»

On a toutes croisé au moins une fois dans sa vie un bavard champion toutes catégories. Vous savez, le genre de personne qui monopolise la conversation, vous interrompt constamment ou qui monologue non-stop au sujet de tout et de rien, sans égard pour son (pauvre!) interlocuteur.

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Mais que peut bien cacher ce comportement agaçant? Nous avons demandé à Stéphanie Léonard, psychologue, de nous éclairer à ce sujet.

 

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Comment expliquer le comportement des bavards compulsifs?

Je dirais qu'il y a quatre types de bavards. Il y a tout d'abord le narcissique, qui ramène tout à lui, incapable d'empathie et d'écoute. Il suffit que vous racontiez une anecdote pour qu'il vous coupe la parole et enchaîne avec un «Moi, mieux que ça...!» ou encore «Oui, mais moi, je...» Ce trait de personnalité, assez difficile à vivre pour les proches, trahit un besoin constant de briller, d'être le centre d'attention et de montrer son sentiment de supériorité, le plus souvent au détriment des autres.

Il y a aussi le timide, celui qui bavarde sans arrêt pour meubler la conversation. Il le fait le plus souvent pour éviter les silences, qu'il vit comme un malaise. Comme il craint de ne pas être intéressant ou de déplaire à l'autre, il peut se perdre dans son babillage ou n'aborder que des sujets futiles.

La troisième catégorie est celle de l'anxieux. Son urgent besoin de parler révèle à la fois un grand chaos intérieur et un grand vide. Il peut aussi cacher une peur du silence, de la solitude. Et dans des cas extrêmes, il s'agit d'anxiété généralisée, qui pousse la personne à s'épancher exagérément, afin d'échapper à ses angoisses et à... elle-même! Dans tous les cas, on a affaire à ce type de personnalité anxieuse qui a un besoin douloureux de ventiler et qui nous prend comme déversoir.

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Enfin, il y a la personne qui souffre d'anxiété sociale. Elle ne parle peut-être pas trop... mais en dit bien plus qu'elle le voudrait. Elle est tellement mal à l'aise quand elle est en compagnie d'autrui qu'elle n'est plus dans le moment présent. C'est pourquoi il lui arrive de dévoiler une information très intime à un étranger afin de provoquer un rapprochement. Hélas, ça produit l'effet inverse, tellement les propos sont décalés par rapport au degré d'intimité avec l'autre...

 

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Ces différentes personnalités ont-elles des points communs?

Oui. Leur blabla incessant montre invariablement une incapacité à s'adapter à l'autre, à ses intérêts et à ses besoins. Si les bavards pouvaient être à l'écoute, ils se rendraient compte qu'ils prennent toute la place. Or, comme ils ne sont pas connectés à eux-mêmes ni au moment présent, et qu'ils ne prennent pas le pouls de l'autre et de la situation, ils s'épanchent exagérément. Dans les cas extrêmes, le verbiage peut aussi indiquer une incapacité à respecter les limites entre l'autre et soi, comme si le bavard souhaitait une fusion avec son interlocuteur.

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Parfois, on trouve que nos proches trop bavards sont insupportables! Comment aborder le sujet avec eux?

C'est difficile à faire, mais l'enjeu est important, surtout si on sent que la personne est incapable de décompresser par elle-même et que sa seule stratégie d'apaisement est de s'épancher sans arrêt auprès de nous. Ça ne sert à rien d'éviter le sujet de peur que la relation se brise, car elle est déjà sur une pente descendante. Si c'est vraiment lourd, on peut dire «Je sens que tu as un grand besoin de parler. Es-tu heureux en ce moment?» Ça permet d'établir le dialogue et de soulever le malaise sans mettre l'autre sur la défensive.

On peut aussi utiliser l'humour, sans sarcasme, dans un premier temps. «Ça a l'air de tourner vite dans ta tête! Tu dois bien dormir le soir...» On peut aussi attendre que la personne nous ouvre une porte. Par exemple, si elle nous demande pourquoi on la voit moins souvent, on lui répond franchement mais avec délicatesse. L'authenticité de notre relation en dépend. Évidemment, tout est une question de discernement: un lien superficiel n'exige pas le même investissement personnel que le lien qu'on a avec des proches. Ainsi, au travail, on peut simplement exprimer à une collègue qui est une vraie pie notre besoin d'être dans notre bulle pour nous concentrer.

 

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JE PARLE TROP, MAIS JE ME SOIGNE

Vous sentez que vous parlez trop? Voici les conseils de la psychologue Stéphanie Léonard.

1. Soyez à l'affût du langage non verbal de votre interlocuteur. Soupirs, regards fuyants, hochements de tête à répétition, éloignement physique ou silences sont autant d'indices que l'autre a dépassé sa capacité d'écoute. C'est le moment de vous accorder une pause et de vous intéresser à lui, de lui demander son avis, de lui poser une question... en lui laissant le temps de répondre, sans l'interrompre ni ramener la conversation à vous.

2. Avant de sauter sur le cellulaire à la moindre occasion pour déverser vos émotions, accordez-vous des pauses et des moments de silence. Prenez le temps de décompresser et de ressentir ce qui vous habite: est-ce de l'angoisse, de la frustration, de la colère, de la tristesse? C'est le premier pas à faire pour apprendre à vous apaiser vous-même.

3. En cas de fébrilité ou d'angoisse avant une rencontre, prenez le temps de respirer et de vous brancher à vos sens et à vous-même. Sentez le sol sous vos pieds, observez ce qui se passe autour de vous, écoutez les sons ambiants... Ça aura pour effet de vous aider à vous recentrer. Prenez le temps de considérer la personne qui est devant vous et profitez du moment sans vous sentir obligée de remplir les pauses et les silences, qui font partie de toute conversation.


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