Il est la vedette d'un des films les plus attendus de l'année: The Road, adapté du roman de Cormac McCarthy, bientôt en salle. L'occasion rêvée de s'entretenir avec Viggo Mortensen, en exclusivité pour ELLE QUÉBEC.
Est-ce une des valeurs que vous tentez d'inculquer à votre fils, Henry? Ouais, j'essaie. J'espère aussi lui avoir transmis le courage de poser des questions et de ne pas se satisfaire de réponses vides ou insignifiantes. J'ai une très belle relation avec mon fils. On est très proches. On voyage ensemble, on va au cinéma, on joue de la musique dès qu'on le peut. Il est allumé et il m'apprend des tas de choses sur la vie. [Henry, grand amateur de Tolkien, l'a convaincu d'accepter le rôle d'Aragorn, dans la trilogie du Seigneur des anneaux, même si cette aventure allait les séparer pendant plusieurs mois.] Ce soir, d'ailleurs, on va manger ensemble dans un petit resto de New York, comme des amis. Et j'en suis très fier. À quoi tient ce lien si fort entre vous? Je l'écoute et je ne le juge pas. Il sait aussi qu'il peut tout me dire et que je ne trahirai jamais ses confidences. Entre nous, ça vaut mieux, parce que mon fils, c'est du costaud: il me dépasse de trois pouces! [Viggo mesure 6 pieds] Ça vous dirait de parler de votre passion pour les chevaux? [L'acteur est porte-parole de l'American Wild Horse Preservation Campaign, une association pour la sauvegarde des chevaux sauvages.] Que vous apportent-ils que vous ne trouvez pas ailleurs? Hum, bonne question... Tu sais, les chevaux sentent tout: notre affection pour eux comme notre malaise ou notre peur. Il faut prendre le temps de les apprivoiser, de tisser un lien avec eux, sinon, c'est foutu. Savais-tu qu'il ne faut jamais regarder un cheval droit dans les yeux? Ça le terrorise! Il nous prend pour un prédateur; il se braque et devient impossible à monter. Il vaut mieux y aller en douceur. Durant le tournage d'Appaloosa, j'ai eu affaire à une bête particulièrement rebelle. Au moment de jouer une scène, j'ai demandé à son éleveur de me laisser seul avec elle, pour établir un lien de confiance. Ce n'était pas gagné d'avance, mais ma patience a porté ses fruits. Le cheval est devenu plus docile. Murmurez-vous à l'oreille des chevaux? Non, je suis simplement attentif à eux. C'est la même chose dans ma vie. Quand je peins un tableau ou que je prends des photos sur un plateau, je tente d'être présent à tout. La vie est si courte! Je me dis souvent: «Go slow to go fast», pour me souvenir de prendre mon temps afin de savourer le plus de choses possible.



