Il y a 40 ans paraissait La femme comestible. Premier roman de Margaret Atwood et petite bombe féministe. Trois questions à la grande écrivaine, dont on attend un nouveau titre en septembre.

Renard bleu
Yves Beauchemin
(Fides)
Dans cet étrange récit, plein de drôlerie et d’ironie, qui tient de la fable, les animaux parlent, les squelettes se meuvent et les fantômes existent. Et les allusions à la réalité politique et sociale du Québec sont légion. Sous ses dehors bon enfant, l’auteur du Matou est mordant.

Je voudrais pas crever
Boris Vian
(Les Allusifs)
Une vingtaine d’artistes visuels ont collaboré à cet ouvrage soigné, publié en hommage à l’illustrateur français Martin Matje, mort en 2004, qui, lui-même, nourrissait le projet d’illustrer un poème de Vian. L’ensemble est saisissant: textes et images se répondent, s’appellent dans une belle étrangeté. Le tout à l’image du singulier poète, romancier et musicien de Saint-Germaindes- Prés, qui s’est éteint il y a 50 ans.

Le voyage dans le passé
Stefan Zweig
(Grasset)
Inédit en français, ce court roman reprend les thèmes chers à l’auteur de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mort en 1942. Soit: la passion amoureuse avec toutes ses déclinaisons et ses emportements. Quand tout pourrait être possible, il est déjà trop tard. C’est tragique, implacable. C’est fluide, remarquable.
Seul dans le noir
Paul Auster
(Actes Sud / Leméac)
«Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m’efforçant de venir à bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain.» Dans une maison du Vermont, un vieil homme ressasse son passé. À l’étage dorment sa fille et sa petite-fille, sa fille qui ne se remet pas de son divorce, et sa petite-fille qui est hantée par l’assassinat de son fiancé en Irak. Dans cette «maison d’âmes en peine», cette nuit-là de 2007, l’homme invente un monde parallèle, où il n’y a pas eu de guerre en Irak et où les tours jumelles de New York sont toujours debout. Ce qui ne veut pas dire que tout va pour le mieux. Au contraire: nous voici en pleine guerre civile américaine. Pour mettre fin au conflit, il n’y a qu’une solution: l’homme qui a fait surgir cette histoire apocalyptique de son imagination doit être assassiné... L’auteur de la Trilogie new-yorkaise jette encore une fois le doute dans notre esprit. Mais il jette aussi des ponts entre l’histoire avec un grand H et les petites histoires de chacun. Autour de ce héros en détresse, c’est toute l’Amérique qui se cherche. Pour ne pas dire l’humanité entière...
Cartes postales de l’enfer
Neil Bissoondath
(Boréal)
«Tout le monde a des secrets. J’en ai un, moi. Pas vous? Loin, très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit?» Ça commence comme ça. Et ça va finir mal, très mal. C’est l’histoire d’un gars qui, toute sa vie, a dissimulé sa véritable identité. C’est la seule façon pour lui de préserver le monde doré qu’il s’est construit, la carrière de rêve qu’il s’est inventée. Impossible à ses yeux, au risque de voir tout s’écrouler, de dévoiler qui il est vraiment. Même pas à la femme qu’il aime. Surtout pas à elle... La fin de ce roman vous laissera sans voix.




