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Trois questions à Margaret Atwood

Il y a 40 ans paraissait La femme comestible. Premier roman de Margaret Atwood et petite bombe féministe. Trois questions à la grande écrivaine, dont on attend un nouveau titre en septembre.

Par
Danielle Laurin
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Éditions Robert Laffond
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Où une jeune femme, dans le contexte des années 1960, se débattait pour échapper aux stéréotypes féminins. La célèbre écrivaine canadienne, , maniait déjà, à cette époque, la pique cinglante qui allait faire sa marque...comme on peut le constater à la lecture de cette réédition (Robert Laffont).


Vous souvenez-vous dans quel état d’esprit vous étiez quand vous avez écrit La femme comestible?

C’était au milieu des années 1960. J’étais une assistante sous-payée à l’Université de la Colombie-Britannique. Je travaillais la nuit, je recopiais des questionnaires d’examen, sur une table à cartes. Ensuite, je tapais mon livre – je suis une piètre dactylo – à la machine à écrire électrique. J’avais 24, 25 ans à l’époque, et j’étais tout ce qu’on est à cet âge, je suppose: désespérée, transportée, dépressive, insomniaque, compliquée, surréaliste.


En quoi ce roman peut-il rejoindre les jeunes femmes d’aujourd’hui?


À la fin des années 1960 et au début des années 1970, toutes les vieilles règles ont pris le bord, notamment grâce à la pilule, au traitement simplifié des MTS... et aux hallucinogènes. Mon roman parle du temps d’avant tout ça, quand on portait encore la gaine. Maintenant, les choses ont changé, avec le sida et le retour de certains codes plus conservateurs. D’une certaine manière,La femme comestible est plus pertinent aujourd’hui qu’il l’était à sa parution.


De nos jours, le féminisme a-t-il encore sa raison d’être?


Aujourd’hui, j’ai lu la critique d’un livre sur la contrebande de femmes forcées de se prostituer. La semaine dernière, la critique portait sur un livre traitant des exactions dont les femmes sont victimes en temps de guerre. La semaine d’avant, c’était un roman mexicain sur les femmes qui sont assassinées le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Là où il y a de la pauvreté ou du chaos, les femmes sont agressées sexuellement. Alors, la réponse, c’est oui. Le prix de la liberté, c’est la vigilance éternelle. Mais cette phrase peut s’appliquer à la société en général, pas seulement aux femmes.

Lire la suite: critiques de livres en librairie et Paris glamour

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