Il a été danseur de ballet et a joué de la trompette devant la reine d’Angleterre. Il s’est défoncé, a fait de la prison. À 45 ans, ce Britannique atypique figure parmi les plus redoutables auteurs de polars.
On l'a découvert avec Seul le silence, un roman à la fois terrifiant et bouleversant, traduit dans 23 langues et en cours d'adaptation pour le cinéma. Son féroce Vendetta lui a valu le Prix des libraires du Québec 2010 dans la catégorie roman étranger. Et voici que Roger Jon Ellory s'amène avec sa troisième oeuvre traduite en français, Les anonymes, hyper sanglante.
Ce qui distingue ses histoires de meurtres en série de celles d'autres auteurs, c'est l'émotion qu'elles provoquent. L'émotion qui monte, serre la gorge, nous submerge, tandis qu'on plonge dans la noirceur absolue de l'âme humaine. «J'écris d'abord avec mon coeur», précise le gaillard, de passage à Montréal. Il a les cheveux roux, du feu à la place des yeux. Et une verve du diable. «Ce qui m'importe, c'est ce que vous ressentez, ce dont vous vous souvenez lorsque vous avez fini un de mes livres, que vous l'avez mis de côté et que vous y repensez. Quelle émotion reste imprégnée en vous?»
C'est peu dire que R. J. Ellory est quelqu'un d'enflammé. Quelqu'un de déterminé, aussi. Il a écrit 22 romans - tous refusés par de nombreux éditeurs - avant de sortir de l'ombre. Morale de cette expérience, selon lui: «Si vous voulez avoir du succès en Grande-Bretagne comme auteur de polars, vous devez imaginer des récits qui se déroulent dans ce pays et concevoir des séries où reviennent continuellement les mêmes personnages. Mais si vous voulez vraiment vous rendre la vie difficile, si vous souhaitez vous battre, vous assurer que vous ne trouverez pas d'éditeur et que vous resterez dans la dèche, alors créez des intrigues qui se passent aux États-Unis, et dans lesquelles il n'y a pas de personnages récurrents.»




