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Les femmes en arts: portrait d'Esther Trépanier

La nouvelle directrice générale du Musée national des beaux-arts du Québec n’a pas perdu de temps. Huit mois après son arrivée, Esther Trépanier présente une expo dont elle a choisi chacune des oeuvres.

Par
Sophie Marcotte
Photos
Benoît Camirand
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esther trepanier

Avec Femmes artistes. La conquête d’un espace: 1900-1965, Esther Trépanier, ancienne professeure en histoire de l’art et passionnée de mode, rend honneur aux peintres, aux sculptrices et aux graveuses qui n’ont pas attendu d’invitation pour frapper à la porte d’un milieu masculin... et entrer. Mme la directrice répond à nos questions et commente quelques-unes des toiles retenues.


Pourquoi avez-vous monté une exposition sur les femmes?

Je voulais rendre hommage aux artistes québécoises qui, tout comme les femmes en général, ont agi pour prendre leur place au 20e siècle. Durant cette période bouillonnante, les femmes ont lutté pour avoir accès à l’éducation, à des emplois jusqu’alors inatteignables. Qui aurait cru il y a 50 ans qu’un musée pourrait un jour avoir une directrice à sa tête? Dans le domaine des arts, ç’a été la même chose. «La conquête d’un espace», c’est l’espace des hommes sur la scène artistique professionnelle. Évidemment, je voulais avant tout faire connaître ces artistes formidables qui, à part Marcelle Ferron et Françoise Sullivan, demeurent méconnues. Montrer comment elles s’inscrivent dans les grands mouvements de l’histoire de l’art, rendre compte de leur regard particulier.


De 2000 à 2007, vous avez été directrice générale de l’École supérieure de mode de Montréal. Quel parallèle établissez-vous entre l’art et la mode?
Il y a des liens extrêmement étroits entre la mode et l’art. Le public montréalais a pu le constater l’été dernier pendant l’expo sur Yves Saint Laurent, qui montrait l’influence que certains artistes ou certains courants artistiques ont eue sur ce grand couturier. Des artistes ont aussi travaillé comme designers dans des maisons de haute couture. Des peintres ont même lancé des modes: c’est le cas des néoclassiques et de leur mode à l’antique; après la Révolution française, à Paris, on a vu éclore le style Empire, qui était inspiré des tableaux que Jacques Louis David et d’autres peintres avaient réalisés 20 ou 25 ans avant. Et puis, l’esthétique mise à part, monter une collection ou une exposition et la lancer, ça se ressemble énormément.

Lire la suite: Esther Trépanier donne son avis sur quelques grandes oeuvres



DATE DE PUBLICATION: 2009-05-01 , mai 2009, numéro 237

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