Au Royaume-Uni, la mode est à la bibliothérapie: on prescrit de la lecture pour soigner les maux de l’âme.
PRESCRIRE LA LECTURE
Certains médecins donnent des pilules, d’autres conseillent des séances de psychothérapie; Jane Davis, elle, prescrit de la lecture pour soigner les maux de l’âme. Ex-prof de littérature à l’université de Liverpool, cette Britannique a découvert avec les années que les écrits de Shakespeare et de Dickens, en plus de nous faire rire et pleurer, possédaient des vertus thérapeutiques. Depuis, elle les recommande pour soigner mille et un problèmes: stress, anxiété, dépression, troubles du comportement... La posologie? Quelques pages, une fois par semaine, à lire en groupe et à voix haute.
Fan de littérature du 19e siècle, Jane Davis a constaté presque par accident que la prose pouvait parfois remplacer le Prozac. Au début des années 2000, elle organisait des clubs de lecture dans un coin défavorisé de la région de Liverpool. Au bout de deux ans, elle s’est rendu compte que ses ateliers avaient des conséquences bénéfiques sur la santé des participants. «En fait, ce n’est pas moi, ce sont les gens qui fréquentaient ces groupes qui ont remarqué que les ateliers avaient des effets thérapeutiques », précise-t-elle en sirotant une tasse de thé.
Des personnes qui consultaient régulièrement leur psy ou leur médecin avaient mis fin à leurs visites et ne s’en portaient pas plus mal, se souvient la responsable de Get Into Reading, un organisme qui promeut les vertus curatives de la littérature en Angleterre. Et plus le nombre de groupes de lecture augmentait, plus leurs bénéfices thérapeutiques devenaient apparents. «Les gens s’y soutenaient dans des cas de deuil ou de divorce, ou à la naissance de petits-enfants...




