Kevin Parent est beau et bouleversant dans Café de Flore. Pour une fois, il aborde le sujet de l'amour, le thème du film, avec une candeur qui va droit au cœur.
Kevin. Parent. Le prénom claque sous la langue et le nom fond dans la bouche. C'est dire le paradoxe. D'un côté, l'auteur-compositeur-interprète, gagnant de 10 Félix, qui conquiert les foules avec sa voix et sa guitare. De l'autre, le gars sensible, un brin sauvage, qui fuit la vie publique et trouve la paix chez lui, en Gaspésie.
Cet homme, on croyait le connaître. Le voilà pourtant qui apparaît là où on ne l'attendait pas; ou plutôt là où tout le monde l'attend: dans Café de Flore, le nouveau film de Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.), en salle le 23 septembre. À côté de son nom sur l'affiche, celui de la mégastar française Vanessa Paradis. Un duo intéressant. Les deux sont nés la même année (1972), à 10 jours d'intervalle, et sont aussi à l'aise dans les cultures française qu'anglaise. On aurait souhaité qu'ils se donnent la réplique dans le film. Malheureusement, leurs personnages évoluent dans des univers parallèles: celui de Vanessa, à Paris, en 1968; celui de Kevin, à Montréal, aujourd'hui.
J'ai eu le bonheur de voir en primeur des images de Café de Flore, en compagnie de Jean-Marc Vallée, alors en plein montage, et je ne peux qu'abonder dans le sens du réalisateur: «Kevin Parent, c'est le nouveau Roy Dupuis.» Il embrase l'écran de sa présence virile et sensible. On croit à son personnage, un D.J. montréalais en proie à une crise amoureuse. Et on se laisse porter par son interprétation terriblement touchante.




