Jean-Pierre Jeunet a retrouvé son actrice fétiche, Audrey Tautou, pour tourner un petit film plein de sensualité sur le pouvoir d'un parfum. Entrevue olfactive.
Je crois avoir entendu dire qu'il s'est passé quelque chose d'assez magique au cours du tournage sur le Bosphore, avec le bateau d'un plaisancier.
Avec Audrey ? Oui, c'était incroyable. On tournait au milieu de tankers qui font des milliards de tonnes, c'était vraiment difficile à gérer car il y avait des créneaux très courts entre les passages de ces monstres, nous n'étions que de petites coquilles de noix au milieu de tout ça. Il fallait faire croiser notre bateau où était Audrey avec celui sur lequel se trouve le jeune homme et nous avons pu faire deux ou trois prises mais c'était compliqué.
A un moment, nous étions prêts à tourner et un petit plaisancier arrive et il voit un tournage, il aperçoit la caméra, il arrive, nous fait «coucou», il allait nous fiche en l'air la prise au moment où le bateau du jeune homme entrait dans le champ. Mais il y a eu un petit miracle, le petit bateau a disparu à ce moment là derrière la tête d'Audrey : l'arrière du bateau juste derrière son oreille et l'avant du bateau juste derrière son nez, Audrey bougeait d'un millimètre et la prise était ratée, elle nous l'a dit : «je savais qu'il ne fallait pas que je bouge». Un moment magique, car c'était la bonne prise.
Audrey a dit : «ce parfum, CHANEL N°5, c'est tellement français». C'est la quintessence de la France ?
Je revendique le côté «français», je mets toujours en évidence Paris dans mes films.
Comme l'Opinel et la deux-chevaux [Citroën], en plus chic.
Et Audrey, est-elle la quintessence de la Française ?
C'est possible. Je revendique le côté «français», je mets toujours en évidence Paris dans mes films, ce sera le cas encore pour le prochain, j'aime bien.



