Aussi à l’aise en pleine nature que sur un plateau de tournage, Isabel Richer distille une force tranquille. Cet hiver, elle revient au petit écran par la grande porte en tenant un rôle à sa mesure dans la télésérie Trauma, de Fabienne Larouche.
Tout pour fiston
Mais c'est loin, très loin de son reflet qu'elle se sent vraiment elle-même. Autant Isabel Richer est «une fille de ville, qui se maquille chaque matin et adore les petits pots de crème», autant elle trouve sa joie «les bottes plantées dans une rivière». «Quand la saison de la pêche au saumon débute et que je ne peux pas y être, c'est simple, j'en ai mal au ventre», confie celle qui, toute jeune, réglait déjà son réveille-matin pour aller taquiner le crapet-soleil au lever du jour. «Être perdue dans la nature, hors du temps, juste à pêcher à la mouche, tranquille, c'est tellement incroyable... On touche à l'essentiel.»
C'est en Gaspésie qu'elle vit ces bonheurs. Une région avec laquelle elle est tombée en amour en devenant marraine de La Traversée de la Gaspésie en ski de fond. Cette année encore, pour la huitième fois, elle sera au rendez-vous (du 20 au 27 février). Juchée sur sa motoneige, elle suivra les participants, servant du bouillon à l'un, réconfortant l'autre. Potions, sirops, pansements: dans sa valise, elle aura transporté, comme toujours, une véritable pharmacie en format réduit! «Je suis une fille très, très organisée!» Sauf pour ses finances. «Je ne veux rien savoir de ça. Mon frère François est comptable et il s'arrange avec ça. Heureusement que je l'ai!»
François, Luc: Isabel ne se passerait d'aucun des hommes de sa vie. Encore moins du plus petit, Henri. Son fils de huit ans, elle l'aime plus que tout. Que voudrait-elle lui laisser en héritage? Elle s'adosse pour réfléchir; la question lui importe. «Je voudrais qu'il ait l'intelligence de Luc, répond-elle enfin, sa compréhension exceptionnelle de la vie. Et son talent. Et aussi son besoin d'engagement. De moi? Simplement mon appétit de vivre, de me lever le matin en ayant hâte de manger ma toast au beurre de pinotte. S'il a tout ça, sa vie sera belle, peu importe ce qui pourra lui arriver.
Aujourd'hui, elle se réjouit de passer plus de temps avec lui. Ses tournages terminés - Trauma et un film sur le pianiste André Mathieu où elle incarne un des grands amours du virtuose -, elle sera en vacances durant les prochains mois, en attendant la suite. Bien sûr, elle craint comme tous les comédiens qu'un jour le téléphone ne sonne plus. «Si ça se produisait? Je ferais autre chose, point. Je prie juste le ciel de ne jamais devenir amère. Le doute, la dépression même peuvent te faire avancer. Mais l'amertume détruit à petit feu.»
Une dernière gorgée de café au lait, maintenant refroidi. «Un jour, j'ai pris une décision: même si j'apprécie ce métier, je ne le laisserai jamais bouffer ma vie.» La belle louve a l'instinct de survie aiguisé. «Je pense être quelqu'un de terre-à-terre et d'équilibré, oui. Mais, entre nous, c'est au prix d'un éternel combat!» (rires)
Isabel en questions
Un plat pour l'anniversaire de son chum «Une table d'antipasti.»
Une manie «Cirer mes chaussures avant de partir en voyage! Je ne sais absolument pas pourquoi.»
Un comédien fétiche (hormis Luc Picard!) «Jean-Pierre Bacri.»
Une comédienne préférée «Il y en a trop!»
Un souvenir d'enfance triste «La séparation de mes parents.»
Un designer «Marie Saint Pierre. Pour le reste, je suis inconstante.»
Sa plus grande fierté, à part son fils «Mon fils.»
Le secret de sa minceur «J'ai déjà pesé au moins 40 livres de plus. J'ai perdu beaucoup de poids après l'annonce de la maladie de mon père. Ensuite, j'ai appris à manger à ma faim. Et je n'aime pas le sucre; ça aide.»
Un rêve «Un voyage gastronomique France-Espagne-Italie. Côté métier, je rêve simplement que mon prochain rôle me surprenne. Et me fasse peur, un peu!»
Féministe? «Oui. Sauf que c'est dommage d'avoir dû passer par "les hommes sont coupables de tout jusqu'à preuve du contraire" et "seule la façon d'être des femmes est bonne". On n'avait pas le choix, je le comprends. Mais depuis qu'Henri est là, je trouve urgent de revaloriser la masculinité.»
Ce qu'elle aime d'elle-même «Je ne sais pas... Mes yeux, je crois.»
Ce qu'elle aime le moins d'elle-même «Mes mains. J'ai fait beaucoup d'eczéma quand j'étais jeune, et elles sont restées un peu rougies. Je les agite beaucoup en parlant, peut-être pour les faire oublier...»
Une cause «Je suis porte-parole de la Fondation Marie-Ève-Saulnier, qui aide les familles d'enfants malades. Comme j'ai des amis dont l'enfant est atteint d'un cancer, cette cause vient vraiment me chercher.»
Un regret «J'en ai peu. Les regrets sont le pire des handicaps pour avancer. Cela dit, mon seul et unique vrai regret sera de n'avoir eu qu'un seul enfant.»
la vidéo de la séance photo avec Isabel Richer.
PHOTO: SRC (Isabel Richar et Jean-Nicolas Verreault dans le film L'oeil du chat).




