Après Nicole Kidman, c’est Audrey Tautou qui a été choisie pour devenir le nouveau visage du parfum Chanel N°5. Elle refait équipe avec Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, pour un bijou de petit film publicitaire tourné dans l’Orient-Express. Entrevue.
Coco Chanel disait : «une femme sans parfum est une femme sans avenir». Vous trouvez ça vrai ?
Non, je ne trouve pas ça vrai.
Considérez-vous le parfum comme une extension de votre personne ou comme un simple accessoire ?
Pour moi, une femme qui se parfume c’est l’ultra féminité. Plus que le maquillage ou même les vêtements, on porte un parfum comme on porte un secret, on ne va pas le faire partager à n’importe qui, on le fait partager à quelqu’un qui va s’approcher, c’est comme un baiser. Une femme qui révèle un souffle agréable, en tout cas mystérieux, ça apporte quelque chose de plus à la femme…
La mémoire olfactive est très puissante… qu’en pensez vous ? Avez-vous des souvenirs particuliers, liés aux parfums, aux senteurs ?
Bien sûr. Des parfums me rappellent des hommes que j’ai connus, des lieux… C’est une mémoire, ce sont des souvenirs inoubliables et surgissant. C’est comme une rafale en plein visage, le souvenir arrive avec cette même violence, cette même force. Même des parfums que j’ai portés plus jeune ont marqué des moments de ma vie. J’avais un parfum enfant, un autre quand j’étais adolescente…
Ce qui est amusant et tout-à-fait vrai, et ça tombe bien puisqu’il se trouve que je suis dans cette Maison : je porte des parfums CHANEL depuis plusieurs années. Par exemple, pour faire encore un petit lien avec Jean-Pierre Jeunet : quand je tournais «Un long dimanche de fiançailles», je me parfumais tous les matins avec «Chance». J’en adorais la senteur mais c’était lié à une petite superstition car le tournage était difficile et je l’ai porté longtemps. Puis j’ai porté Coco Mademoiselle très longtemps aussi.
Je connaissais évidemment le N°5, comme tout le monde, mais je n’avais jamais eu l’idée de le sentir, il faisait juste partie de ma mémoire… J’ai une image de moi, petite fille, dans la bibliothèque de ma tante qui était une jeune femme de mon âge à l’époque. Elle avait posé sur une étagère son flacon de CHANEL N°5, il me paraissait énorme à l’époque. Il symbolisait déjà le luxe, le raffinement, le mystère… Il y avait un mystère autour de cet élixir, nous avions interdiction formelle d’y toucher. Je me disais qu’à chaque fois que l’on pressait le vaporisateur c’était le comble du luxe. C’était comme un bijou que l’on expose et dont on n’a jamais fini de découvrir les saveurs, cela m’a marqué.
Pourriez-vous aimer un homme qui n’aime pas votre parfum ?
Je ne pourrais pas aimer un homme qui n’aime pas le N°5…Je ne peux aimer qu’un homme qui a du goût car j’en ai… non, je ne pourrais pas aimer un homme qui n’aime pas mon parfum, il serait au-dessous de tout.
LE FILM N°5
Que vous évoque l’idée du train de nuit ?
C’est le voyage, la découverte, le secret, le mystère, s’éveiller sur un ailleurs et respirer la nouveauté.
Croyez vous à l’histoire du film ?
Évidemment. Le coup de foudre… On connaît tous des histoires de gens qui se sont reconnus au premier regard…
Vous dites «des gens». Et vous ?
Le coup de foudre comme ça ? Si, une fois. Mais pas du tout dans un contexte aussi romantique et magnifique, je vous en épargnerai donc les détails.
Et le coup de foudre olfactif ?
Oui. On peut connaître ou reconnaître quelqu’un grâce à son parfum. Par exemple, une femme qui est vulgaire, son parfum le sera aussi, suffocant, lourd, écoeurant. La peau parle et le parfum est un révélateur de personnalité.
Pensez-vous que l’amour soit toujours quelque chose qui vous emporte de manière inattendue ?
Absolument, cela ne sert à rien de chercher…
Faites-vous confiance au destin ?
Je n’en sais rien. J’ai une assez jolie étoile, elle veille plutôt bien sur moi depuis le début, je ne sais pas si elle s’éteint bientôt, j’espère que non…
Cliquez ici pour lire la version de Jean-Pierre Jeunet!




