Dans Mirador, Patrick Labbé vole littéralement la vedette. Juste, intense, assuré, il livre une de ses meilleures performances en carrière. Portrait d'un acteur trop souvent sous-estimé.
Cette vie publique, il a appris avec le temps à mieux la gérer, même s'il lui arrive encore de «douter des intentions des gens». Mais au début, il a eu du mal à composer avec la célébrité, d'autant plus qu'après Rock les rôles se sont enchaînés sans répit.
Au cinéma, il a fait partie de la distribution de Coyote (1992), des Boys (de 1997 à 2005), de Hasards ou coïncidences (1998), de La brunante (2007), et des films jeunesse La forteresse suspendue (2001) et La mystérieuse mademoiselle C (2002).
Au petit écran, on le retrouve dans la nouvelle série Yamaska (2009) après l'avoir vu dans Les filles de Caleb (1990), Chambres en ville (de 1992 à 1996), Virginie (de 1999 à 2004), Cover Girl (2004-2005), Nos étés (de 2004 à 2006), Les Boys (2007) et, bien sûr, la délicieuse série La Vie, la vie (de 1999 à 2001). Son personnage, Simon, jeune cadre dans une boîte de multimédia, lui a d'ailleurs valu, en 2002, le MetroStar Rôle masculin/téléromans québécois. Et pour cause: on avait rarement vu un si bon gars à la télé. Ni affreusement rose ni macho à la Jean-Paul Belleau, il représentait un chum équilibré, attachant et mâle juste ce qu'il faut. «Le personnage créé par Stéphane Bourguignon était déjà tellement nuancé et vivant sur papier que je n'ai pas eu grand-chose à faire pour lui donner vie», souligne Patrick Labbé.
Le comédien a affirmé il y a quelques années qu'un des meilleurs scénarios qu'il ait eu entre les mains était justement celui de La Vie, la vie. Lorsque je lui demande si c'est encore vrai aujourd'hui, il me répond sans hésiter: «C'était le cas jusqu'à l'arrivée de Mirador» (diffusée à partir de janvier à Radio-Canada).
Là, métamorphose totale. Les yeux de notre homme s'illuminent, et il affiche un sourire à faire craquer toutes les filles. Son excitation est palpable. J'ai devant moi un gars passionné et totalement épris de son personnage, lequel, d'ailleurs, lui ressemble étrangement, précise-t-il.
«C'est comme si c'était moi, mais dans une vie parallèle. J'ai même proposé au réalisateur de changer ma coupe de cheveux pour que le personnage soit aussi éloigné de moi que possible!» Mais à quoi tient donc cette ressemblance? «Philippe est un gars passionné, authentique, qui a les mêmes buts et qui livre les mêmes combats que moi. Il est constamment à la recherche d'un équilibre entre son éthique personnelle et son éthique professionnelle.»
Le rôle en question, c'est celui de Philippe Racine, responsable d'une équipe spécialisée en gestion de crise au sein de Mirador, un important cabinet de relations publiques. «Quand une situation dérape, sa mission consiste à étouffer les scandales et à préserver l'image de son client, résume le comédien. Mais il a envie de changer les façons de faire et cherche désespérément un sens à son travail.»
Réalisée par Louis Choquette (2 frères, Rumeurs), Mirador met aussi en vedette David La Haye, Gilles Renaud, Catherine Trudeau, Pascale Bussières et Sébastien Delorme. «J'ai vraiment l'impression de défendre un texte à la fois intelligent, drôle et pertinent, dit Patrick. Toutes les planètes me semblent alignées. Exactement comme pour La Vie, la vie.»
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